La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

DES MONOPOLES D'ETAT 5l7 ment. Et, aussi, à un point de vue purement économique, il est de la plus grande importance que cette tendance de développement soit suivie (1). Telles sont les conclusions de l',konomie politique progressive, de celle qui, s'inspirant des enseignements de l'histoire et des tendances économiques de la société moderne, en arrive à opérer sa jonction avec le socialisme expérimental. Sur ce point particulier des monopoles, l'entente est complète, sauf que le socialisme veut passer plus vite à l'application. De fait, tous les programmes socialistes réclament ·énergiquement la revision des contrats ayant aliéné à des compagnies financières les principales institutions <le crédit, les chemins de fer, mines, canaux, et à la reprise par l'État de ces puissants facteurs de la production nationale et de la richesse générale. Dans une étude précédente, nous avons conclu à la nécessité de la socialisation ,:lu crédit; dans celle que ces lignes commencent, nous n'aurons pas de peine, croyons-nous, à démontrer que tout commande la mise sous la haute direction de l'État, des chemins de fer, mines, canaux et de toutes les grandes entreprises analogues, au fur et à mesure de leur transformation en monopole de fait. DU ROLE DE L1ÉTAT ET DES COMPAGNIES DANS 1.'f,TABLISSE)IENT DES CUEmNS DE FER. Pour ce qui concerne les chemins de fer, devenus entre les mains des compagnies un simple instrument d'exploitation des travailleurs, de rançonnement du public et de malhonnêteté agioteusc, tous les progressistes clignes <lece nom et même beaucoup de conservateurs éclairés concluent à la reprise par voie <lerachat. En envisageant les choses au point de vue strictement économique, on fait fort raisonnablement valoir qu'en agissant ainsi c'est donner à l'État représentant <lesintérêts généraux la haute main sur les choses <le l'échange et, par suite, la possibilité de fayoriser le développement des forces prc:,cluctivcset intervenir comme pondérateur ou comme égalisateur dans la lutte acharnée des intérêts antagonistes. C'est sans doute à des considérations de cc genre qu'obéit J'illustre ministre belge Th. Rogiers, en retenant pour l'État la construction et l'exploitation des chemins de fer à leur début. Il solidifia ainsi l'ordre de choses fondé en Belgique par la Révolution de septembre (1) S. K. HAMILTON : loco citato.

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