• 610 LA REVUE SOCIALISTE tion du professeur d'économie politique à l'Université de l-,und est singulièrement suggestive. Ayant à énumérer les causes principales <lela nécessaire extension des attdbutions sociales de l'État, :'II.Hamilton indique sommairement les suivantes : « La nécessité de pourvoir toujours plus complètement aux besoins purement sociaux et d'y pourvoir d'une façon préventive; « Le développement technique de l'industrie à l'aide de l'emploi d'instruments plus puissants (vapeur, électricité, etc.), d'où résulte une extension économiquement nécessaire de l'échelle sur laquelle elle <loit être exercée; « Le fait que, par suite de la plus grande extension des entreprises et de la nécessité qui s'impose aux particuliers eux-mêmes de les gérer en faisant appel à un personnel d'administration salarié, on diminue, relativement au moins, l'arnntage spécifique de l'industrie privée, c'est-à-dire l'intensité du travail produit sous l'aiguillon de l'intérêt particulier; car il faut admettre que le personnel employé dans un service public ne doit rester en arrière des employés des particuliers ni en fait de zèle ni en fait de capacité, et les garanties relatives au bon se1·vicc des employés sont augmentées dans une mesure importante par la liberté de la presse et autres moyens de contrôle; « Le danger, aussi en relation avec l'extension croissante des grandes entreprises, des monopoles de fait, par suite desquels l'individu en arri,·c à pouvoir dominer des branches entières d'industrie, cas auquel il est assurément préférable pour tous que le monopole soit dans les mains de l'État plutôt que dans celles d'un particulier; ~ Enfin, aussi, la nécessité toujours plus grande de procurer à tous les membres de la société les moyens de développement intellectuel et matériel, afin que, par l'élévation du niveau de civilisation de chacun d'eux, une vraie égalité humaine puisse, de plus en plus, être réalisée. » En conséquence de tout ce qui pr?.cècle, dit en substance le professeur suédois, l'accroissement continu de l'action de l'État doit être considéré comme une loi de développement social, loi qui, bien entendu, comme toutes les autres analogues, n'a qu'une validité conditionnelle. Un ttat quelconque peut, sans aucun cloute, s'abstenir de la suivre. :\lais il en est pour lui comme pour l'individu qui, librement, peut s'abstenir de prendre de la nourriture. S'il ne se nourrit pas, sa vie ne saurait durer. Si un État se refuse à obéir à la loi générale de développement et ne perfectionne pas comme les autres son administration de la justice, son organisation militaire, ses institutions civilisatrices, ses ressources économiques, il doit, en tant qu' f~tat, succomber soit sous la violence, soit pai· épuise-
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