DES MONOPOLES D'ÉTAT 513 DESMONOPOLES D'ÉTAT ~Ol\lMAtnE : I. Du rôle de !'Etai ei des compagnies dans l'établissemeni des chemins de fer. - Il. Les nuisances de l'aliénation. - III. Le rachat dea chemins de fer. Florian a raconté l'histoire cle ce perroquet confiant, qui dressé à dire: Cela ne sem rien, répétait de plus belle sa monotone ritournelle sur un navire en détresse, pendant que la tempête faisait rage, et continua jusqu'à ce que, avec le vaisseau désemparé, il ait été englouti sous les flots. . Certains sadducéens de l'économie politique ont ainsi toujours le mot de libe,-té à la bouche, et comme tout progrès, toute réforme, tout redressement dérange toujours la liberté d'opprimer et de spolier dont jouissaient quelques privilégiés ou quelque catégorie de parasites, ils opposent le mot liberté à tous les progrès sociaux. En tous les temps, les sophistes du libéralisme ont eu matière à protestation: l'abolition de l'esclavage a été une négation de la liberté des maitres; toutes les affirmations du droit populaire sont un attentat à la liberté des rois; toute justice démocratique nouvelle lèse quelques libertés et quelques intérêts des classes dominantes ou exploitantes. Il y a de la sorte « do par le monde », comme disait Je bon Brantôme, « un certain nombre de prétendues libertés qui ont eu historiquement cette destinée étrange, de se voir refoulées à mesure que la Liberté tout court faisait plus de progrès. Telle est la libe,-té de l'ignorance ; telle est la liberté de l'héritage; telle est la libe1·té des conditions léonines imposées par le patron à l'ouvrier ; telle est aussi la libe,-té du jeu. Toutes se résument peut-être en une seule, la liberté de l'exploitation» (1). (1) Camille PELLETAN, dans le journal la Justice, mars 1891. 33
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