IIE\TE SOCIALl~TE o·ahord une remarlJUC , icnt imm(·diakmcnt à l'esprit, c'est que la justice, le droit, la. mor;tlité ntt'mc n'apparni!-.-..entn'.:rita.l,h•mcntqu·au momenl où il )' a or;,!ani~ation ~O<'inlc-.Bien mieux, ('Ps notions ne ~(I' pcrfPclionnt\nt, 11<'s't•purcnt, ne sïd,;aJi,r-nt 11u·au fur et:\ nw-.un· de...,progrès de l'orµ-ani:.,mc-social. .\insi rst foi·mcllt-mcnt ,·orrobor{•c ,·elle vfrité, à savoir qu·en dehors de l'état de soeil'té, il n·~ a ni moralP, ni justÎf.'l\ et quo le prngrl•~ des mœurs c~t subordonné au pru,-:rès !--O«'ial. ,\u reste, l'auteur a parfaitement mesuré toute l'importance clc cette constatation : • lis deviendront bien rares ries c,·imes), dit-il, quand seront accomplies lès profondes réformes quo nous réserve l'a-cnir ... En attendant les radicales tran,formations sodalc~, quo ,e,.,.ont 1wnt-êtro nos enfants et qui rétréciront ,·on,iù(•rablement le champ d.- la r(•pr,•s,ion juridique, nous pou,·ons atténuer le mal, en remaniant de fond en comble notre sJ·stèmc pénitencier. • '.\otrc lél!'islalion pénale, l'n effet, dhrin· toujours des andenncs routumcs dictées par le hc,oin de veni!'can,·e. Le, r(·minisccnrt's de J'antique barbarie ,,"y renc-ontrcnt très sournnt. L'époux meurtrier dr sa femme a(lultère est dédar6 ..~cusahlû var nos lois. • Dans le lang-a~e juridique, ajoute )1. Letourneau, on rnn1s parle toujours de « ,·in,lictc sociale •, on (lit courammen~: • La justice c,t satbfaitc. • .Kos trihunaux n'ont pas ccs,é de se considérer comme plus ou moins chargl•-; d'une mission de vc11~eanc~; notre justic-e s'inspire cn..ore d'u n Yague srntim(•nt de eolèrc li•gale, écho affaibli de l'antique talion de, anrètres; enfin, notre pénalité ,i,e su1·loul à punir le coupal,lc, à le faire souffrir. La justice future ne ch:\ti,'rn point; elle fera seulement œunc de préscrYation sorialc et, si possible, d'éducation. • C'est par cette espfrancc que )1. Letourneau termine son lino .. \près a.Yoir sondé le passé le pins reculé, montré sous ses aspects sombres cL cruels l'érnlution ,Je la justice humaine, il déchire un coin du YOilcqui nous cache l'aYcnir, et nous lais;,c enlrc,·oir, dans un lointain indéterminé, les hommes plus heurem., au ,cin d'une so~i(,té plus éclairée, plus juste, plus i::énéreuse. Nous ne pom·ons que nous associer à ces espi•rances, convaincu d'ailleurs que si le progrès ne marche pa~ tout seul, nul effort consciemment dir:gé ne se résou\ en pure perte, et qu'en déflniti,·c, la justice ne Yenant pas du ciel, il appartient aux hommes de la faire rél!'ner sur la. terre. E. RAtGA. L·abondance des matière, et les néce,sités de la mise en pages ont forcé l'ajournement au prochain numéro: 1• d'une grande partie de la bibliographie et la liste de~ liHes reçus; 2• du compte-rendu des causeries de la Société du P1·09ri:• Social, notamment de la remarquable conférence du citoyen Brimon ;,ur l'È//u,·ation et le clé,·icalmne; 3• des articles suivants: Annie Besant, par Jules ;\IAG~Y. - !'J-Jg9iène publique, par le docteur DELON. - Luttes .tc!,·ilcs, poésie de Georges de LA SALLF.. Le Courrier de la Presse, 19, boulevard ;\lontmartre, A. GALLOIS,directeur, commun1'J_ue les extraits de tous les journaux du monde sur n'importe <1uel sujet. Le Directeur-Gérant : BENOÎT MALON. PAlllS. - Soc. d•imt>.PAU DUPO~T, i, rue du Bouloi (Cl.) 161.1.~I.
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