La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

ÉCHOS Dfl.UIATIQL' E.S !i07 Europe. :::ii Tl1l'l'mùlo1· est applaudi à Berlin par le (JOHt't',·nentPnl officiel, Sardou nous permettra de croire c1uc l'al'l ,;cul ne donnerait. pas la raison de cette efTervcscencc allemande; et si l'auteur ne l'a pas compris, l'opinion publù1ue, à Bel'lin mèm", se chargera de l'instruire. l.a chose est peut-être di•jà faite, a lïn tigation du parti socialiste. Quand la paix étendra sur tous se,; rameaux fleuris, quand lc's peuple.; frères joindront leurs mains et leur,, cœurs dans le mènw élan ,·ers un avenir de labeur paisible et de joies légitimes; q11and toutes les tyrannies s'évanouiront dan,; la ;,pk11dc'11rdes aurores nou l'.:!l,.;s : l'art tout-pui:;,,ant obéira il. ses seules 111:,piration,: et ignorera jusqu'au nom de p:.1y.;,pour se dire citoyen du monde! Nous serons les premiers alors à réclamer pou1·les auteurs le droit de t1>ut dire, en tous lieux. :\lais, je le répète, il faut atlend1·c; l'aube de ce beau jour n'a pas encore éclairé l'horizon. Quant i1la question pécuniaire, dont a soufTert, parait-il, :\l. :::iardou, nous estimons (!u'un auteur n'est pas préci,,ément un marchand. En tous cas, la marchandise litté1·afre à l'étranger n'c:,1.pas toujours payée en rai-.on de sa ,·aleur intrinsèque, mais en raison des idées qu'elle proclame. Ce n'est pas à la pièce de Sardou que s'adressent les braYOSof/kfrls allemands. Cc sont les vaincus de la grande Révolution, qui insultent à nos gloires passées. Or, ) a-t-il rien de plus humiliant, pour un auteur, que d'ètrc applaudi en dehors du sujet? 1'°ous regrettons qu'en F1·ance, Thel'lnido1· ne soit pas tombé de lui-même, et sous son propre poids, et sous le poids des sifflets républicains. Quelle censure Yaudra jamais la réprobal.ion publique ! ~ardou réclame le grand jour: il faut le satisfaire. Quand la ComédieFrançaise deYrait y succomber, tant pis pour elle, si clic veut tenter l'épreuYe. La Comédie s'abrite ;,ous un prctcxte libéral: elle réclame le droit de dire aujourd'hui leur fait aux thermidoriens: espérons que demnin, mieux inspirée, se souvenant des grands aoms qui font sa goire: de Comeille, de :\lolière, de \ïctor Hugo, elle éprouvera enfin le besoin <lejeter son cri de réprobation aux échos des tyrannies européennes! .\u lieu d'accueillir les élucubrations de rhéteur:; bourgeois, faiseurs de .\fo ,·i11ue~ 1Jl,111c~, ou <le JJ11ttes de mouc/ws, elle tendra la main à ceux qui ti•ayaillcnt pou1· les peuples et non pour les rois, pour les déshérités et non pour les agioteurs, pour tous, et non pour une coterie, pour l' ..n·enir, et non pour le passé. L1. Comédic-F1·ançaisc est républicainr de fait, elle est une institution d'l~tat et non couvent particulier. C'e:,1.là sa force, sa ,·ie. Socialiste sans le savoir, et probablement sans. le vouloi1·, die est payée par la société générale et organisée en société particulière, beaucoup trop particulière. Le comité abuse des pièces incolores, du 1'fo1·iuueblanc de :\I. J. Lemaitre par ex~mple; est-cc

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