La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA fiE\'lJE $OCIALl::iTE ÉCHOS DRAMATIQUES Tliermido1· à Berlin; Aux Français : Mnriagc blanc, de l\I. Jules Lemaître. L'art n'a pas de frontières; comme le soleil, il brille pour tous ; il donne ê, tous la chaleur et la vie! \' oilà ce que pourrait répondre ~I. Sardou, à ceux qui l'accusent d'avoir fait représenter à Berlin une pièce anti-révolutionnait·e. ~lais cette thèse est insoutenable en l'espèce, Themiidor n'étant pas une œuvre d'art, mais une sorte de pamphlet politique sans portée, qui emprunte une valeur factice aux passions mal éteintes ré,·eillées, inconsciemment peut-être, par l'auteur. Du reste, nous pensons que l'heure n'est pas encore venue, où l'art, faisant abstraction des questions politiques, pourra s'épanouir en liberté sur les diITérents territoires; actuellement, bien que tous les gouvernements soient également réactionnaires, à diITérents degrés, sous des étiquettes variées, un dissentiment plus profond, une guerre latente, existe cependant entre les tyrannies plus ou moins déguisées et les Républiques. Les Républiques, issues des révolutions, les engendrent à leur tour, parce qu'elles laissent une porte ou,·erte à tous les progrès. Elles rayonnent autour d'elles et préparent la chute des gouvernements personnels. Cet antagonisme existe surtout entre la Fraucc républicaine et les régimes royaux et impériaux. On ne nous pardonne pas, à Berlin, d'avoir répondu à la sanglante épopée de 1870 par not1·e aITran-- chisscment. Énervés sous vingt ans d'esclavage, brisés par les hontes de Sedan, nous nous sommes relevcs: amoindris humiliés, mais sans maitres l Et cela seul nous a sauvés; bien plus, a sauvé probablement le progrès, la Révolution sociale dans l'avenir. Donner des armes aux gouvernements personnels, cc serait fermer la porte aux réformes que nous soutenons, que nous représentons en

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