406 LA REVUE SOClALISTE Aujourd'hui, nous sommes plus a,·1rncés et nous pou,·ons tracer les grandes lig-nes de la société collcC'ti,·i,tc. La production sera ~orialc, au lieu dïndi,·i<luellc, ra.pitaliste. 11 fut un temps oi1 on ne produisait <1u'enrnc de la- consommation. Aujourd'hui, dan, notre soC'iélé anart'hiq,ic, 011 ne produit qu'en ,·uc du profil. Dans la société collecti,·i,tc de demain, l'élément prnfit 11·existcra plus. Les <'tudianls belges entrent dans le parti oun·icr et lutlent de concert awc les tra,·ailleurs manuels. C'est fort bien, et en agi;;sant ainsi les fils de bourgeois comprennent véritablement leurs intérêts, car le prolétariat intellectuel a, lui am:rsi,son armée de réscn·c eapitalistc, son armée de sans-traxail, de sans-emploi. li y a <1uelque vingt ans, :i l'école municipale de physique et de chimie de Paris, ;iprès t'haquc c,-amen, des chimistes et des physiciens lrou\'aient facilement un emploi ei étaient payés 700 :\ 800 francs par mois. Aujourd'hui, il n'en est plus de mi'mc et c'est i, peine si ces prolétaires intellectuels, qui étaient tant recherchés jadis, trou,·ent de l'occupation à raison de 100 à 130francs par mois. 11 y a donc utilité pour tous les tra,-ailleurs, intellectuels cl manuels, de s'unir. Ou ycut empêcher le peuple ounier <l'arrirnr au pouvoir politique qui est le grand instrument de la réuorniion $OCialc. La manife~tation du l" mai JS!JO a réuni dans le monde enlier 7 millions de marnfcstants. C'est énorme et c'est un éYéncmcnt <1uin'a pas son pareil dans l'histoire. Le l" mai 1801sera plus formidable encore, cai- depuis un an les partis socialistes ont fait de nou,·caux progrès et l'idée des huit heures a fait un chemin énorme. Courngc donc, eamaradcs ! i\Jarchons la main dans la main! La Bclgi,1uc ouvrière est un corps d'armée puissant qui est appelb,. liner des batailles et qui les gagnera! Le résumé ci-dessus a été extrait du Peuple, auquel nous empruntons également le résumé de la conférence faite la veille devant le Tout-Bruxelles, à la Bourse, où Guesde avait été appelé comme conférencier libre par la Société d'études sociales et politiques. - Sujet : le Collectivisme. 11 est bien entendu que les théories que je ,-ais a,·oir l'honneur d'exposer devant ,·ous n'engagent en rien la Société qui m'a invité :\ cette tribune. Elles n'engagent <1ucmoi. Je suis un socialiste militant, et je vais partout où on m'appelle, chez les amis et chez les ennemis. Le collectivisme, dont j'ai à vous entretenir, ne se distingue point du cummunismc scientifique de Karl Marx. Il a él(, préconisé pour le distinguer des diverses sortes de communismes existant encore en France et ailleurs il v a quelque vingt-cinq ans. • Notre collectivisme repose sur l'évolution économique des sociétés. Nous pensons que les conditions agricoles et industrielles actuelles constituent une approp,·iation des richesses naturelles qui n'est pas définitive et qui, nécessairement, doit changer au fur et à mesure que les conditions de production, changeront elles,mêmes. La société poursuit des étapes perpétuelles de transformations, de variations., Ces variations dans la forme de la propriété sont déterminées par la nécessité, de satisfaire les besoins de notre espèce. Au début de la société cxislc le 1·é-
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