482 LA REVUE l:OCfALISTE dement de l'archevêque de Rouen; en Italie, la même répro bation est attachée par les évèr1ues et les cardinaux aux tentatives d e protection ouvrière. L'arche,·êquc de Capoue, qu'on dit être une de5 lumières et des espérances de l'l~glise, dont l'influence au Vatican passe pour bien assise sur le Sacré-Collège, exprime une o pinion idcntic1ue à celle des prélats que nous venons <le citer : selon lui, « l'ingérence dans la •1uestionsocitle de la part des i~tats incroy ants est d'un grand détriment, attendu que, ne s'en tenant pas a u fondement certain de l'éternelle loi morale, elle devient complè tement arbitraire •· Da~s son dernier numéro, l'Assorialion ratliolique, dont le-; doctrines sont si vertement condamnées par les plus hautes aut orités, comme opposées aux sains enseignements de la véritable orthodoxie, nou-; accusait de haïr 1•f~glise,parce que ses efforts en vue de la solution du grand problème social nous portaient ombrage. Les évêques s'étaient chargés à l'avance de répondre pour nous, et leur réponse est topique, exemple de toute équivoque: seule, l'irréligion est un péché; tout le reste, la richesse et la misère, e! >td'institution di,·ine; « la propriété est sacrée, dit :\I. Thomas; le capital, résultat accumulé de la science, de la vertu, est nécessaire au progrès ... » De telles arfirmations surnsent pour montrer que nous n'avons pas à redouter de voir un jour l'l~glise prendre la tète du mouvement social dans le monde civilisé. Et aujourd'hui comme en 1886, en présence de la croisade anti-socialiste qui s'ouvr e dans le monde catholique, nous pouvons dire à ceux que les nobles tentatives de ;\l. de l\[un ont pu un instant éblouir: « Fidèle aux traditions de son passé, le catholicisme qui a été, depuis 1789, l e coryphée de tous les gouvernements, qui a béni tous les crimes s ociaux sans distinction d'origine et impiloyablement anathématisé quiconque les dénonçait, le catholicisme, dis-je, vient, une fois de plus de formuler son non volumus à ceux qui « clament » vers lui, en reniant ceux des siens qui, appuyés sur l'autorité de ses do cteurs, ont proposé l'abolition de l'esclavage moderne, l'améliorati on du salariat et, selon l'expression de la parole évangélique, procl ame la « paix pour tous les hommes de bonne volonté (1) ,. En attendant, l'Association C<ttholique ayant cessé d'être l'œuvre des cercles, rien n'est changé dans ses allures, la distributi on des matières seule est modifiée. Ses rédacteu1·s, en fils soumis del' i~glise, cvitent de parler de leurs adversaires, et les pages consacr ées au mouvement catholique sont muettes sur les condamnations dont (1) V. Reaue socialiite, 15 juillcL 188ô, Réponse à M. de /,fan.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==