La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

REVUE or,;::; RE\'UE::; lestent de nos jours même parmi les cath oliques pour étendre imprud<>mmentla domination de l'État•· - «Après:\[. Freppel, nous dit l'analyse de la Héfonne, il montre, en empruntant de nombreux arguments au célèbre discour::i d'Angers, et en faisant remarquer qu'aucun Je ceux c1u'ilatteignait (:'Il. de )lun et ses amis) n'a jusqu'ici essayé de le rcfutcr, l'erreur des principes qui servent de base au socialisme chrétien; - il comme nte avec son autorité épiscopale les paroles du Pape, sur lesquelles on cherche à appuy<'r ces eneurs ou les actes et projets qu'elles ont pro\'oqués ». - Les encycliques de Léon X Ill, sont comme les doctrines des Pères de l'Église, les épitres de saint .Jacque.~, les maximes <le saint Paul : des éléments de controverse et <l'interpré tation, que chacun s'approprie au mieux de ses goùts, pour ne pas dire de ses intérêts. M. Turinaz s'appuie aussi hardiment que M. <le)lun sur les paroles du Pape, pou1·préciser dans <[uellescondit ions,« très restreintes par rapport à certains rêves•, (ceci encore à l'adresse de i\I. de ~lunl mais acceptables et pratiques dans cette mesur e seulement, on peut faire revi\'re les corporations. Tout le reste n'e st que folle utopie. Ainsi l'épiscopat français tout entier répu die comme une crreu1· de principes (on sait ce que l'tgli,,e entend pa r CC'tleexpression: r·,Teur de principes; elle a excommunié et brûlé <lessiècles durant au nom de la ,·érité, pour extirper l'N,·1•w·J, les thèses sociales de i\I. de i\lun. Car ce n'est pas une simple divergence < l'appréciation sur des faits ou des pratiques d'ordre secondaire, qui sépare les adhérents du socialisme chrétien des chefs de l'Église. C'est bel <>tbien une différence capitale, une oppo-.ition absolue de principes sur les fins terrestres de l'humanité. Tandis que :\1. d e )lun et :ses amis ,·oient dans l'organisation économi11ue contempo raine une source de misères et d'iniquités qu'il faut tarir au plus \·ite; tandis qu'ils s'élèvent contre les inégalités de classes qui f ont un prolétariat de plus en plus dénudé en face d'une ari~tocratie de plus en plus comblée de biens de la fortune, - l'épiscopat, a u co11traire, con,:acre au nom de Dieu ces inégalités qu'il déclare d'ordre providentiel. La misère est conforme aux fins de Dieu ; voul oir la supprimer ou seulement en atténuer les elîets en limitant les privilèges sociaux qui les créent, est une erreur, - c'est-à-dire une a ction coupable, damnable et punissable de tous les châtiments. M. de :\!un, en somme, si nous ne vivions dans des temps où la tolérance et la modt-ration s'impo- sent à tous, même à l'Église, serait un hérésiarque et le bour reau brûlerait ses discours, - s'il ne brûlait pa s l'orateur. Et notez que ce n'est pas en France, seule ment, que les chefs de l'Église répudient les doctrine» des cath oliques sociaux. La Ré- f 01·me fait justement observer que partout l'épisc opat tient le mê~e langage. Celui de M. Kopp ne dilîère pas essentiellement du man31

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