La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA HE\'UE soc:ALISTE tout en comb:\ltant avec courtoisie ce qu'elle appelait les« exagérations socialistes » de ~I. de ~lun, la Réful'llie soci1t!1·était restée dans ll'S meilleurs termes avec l'Associaliun c11lhulù1tu·. Les deux renies comptaient d'ailleurs quelques collaborateurs communs : !IDL .\rdant, Urbain Guérin, Claudio-Jannet, etc. A cette heure, ta situation des deux camps e::;tbien modifiée. La Hé(omw sociale s'dève avec une violence croissante contrp l'extension du rôle de l'État et les « socialistes chrétiens ». Cette appellation, que M. de Mun repousse, est celle donnée couramment par les éYêques, ditelle, :i. ceux qui proclament la légitimité de l'intervention sociale de l'État dans le contrat économique .. \ l'appui, la Ri'(ol'lnc analyse une série de mandements récents, de nature à jeter un jour singulièrement intéressant sur cc qu'on pense dans l'épiscopat des misères et des soufTrances que l'Église se proclame la mission de guérir. i\I. de Rousseau, par exemple, signale à la classe ouvrière les sophismes qui lui cachent la Yérité sur « l'inégalité des conditions, laquelle n'est pas seulement une nécessité résultant de l'inégalité des forces, des talents, des capacité;;, des qualités, des vertus, mais comme un ordre providentiel». Pour le digne évèque, • les points particuliers où la classe ouvrière trouYe aujourd'hui des dangers spéciaux dans l'organisation même du travail industriel », sont les suivants : le travail du dimanche, qui viole la loi di,·ine; la tendance « :i. ne plus envisager dans la vie que le boire et le mange1·, et les gros salaires qui donnent le boire encore plus largement que le manger ,. Supprime1· le travail du dimanche, ren<lre à l'ouvrier la foi primitÏ\·e perdue, l'espérance d'un monde meilleur, voilà l'objet et le but de toute réforme léi;itime - il ne saurait y en avoir d'autre. M. Thomas, archevêc1ue de llouen, tient le même langage et, avec la même crudité de forme, une égale grossièreté d'expression, il reproche aux ouvriers de chercher « avec une sorte d'emportement toutes les satisfactions que peut leur procurer la consommation immédiate du produit de leurs journées, sans nul souci de s'assurer par l'épargne une garantie contre les incertitudes du lendemain ... Dissipés avec cette déplorable insouciance, les salaires, en effet, sont insuffisants; et si élevés qu'on les fasse ils le seront toujours. ~ Ramenez l'ouvrier à la vie chrétienne, il vina content de son sort. L'archevêr1ue d'Aix, lui, se montre« fort sceptique», dit la Réfomie sociale, à l'égard des « solutions du socialisme chrétien •, - « .Je ne suis pas chargé, déclare-t-il, avec une aimable désinvolture, dans le passage cité par la Ré(omie, de trancher les ùifficultés très compliquées des rapports entre patrons et ouvriers. • L'évêque de Nancy, au contraire, a cru devoir consacrer un long mandement à la question ouvrière, et il renchérit encore sur les déclarations précédentes. Il s'étonne des tendances « qui se ma.ni-

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