RE\'UE PES RE\TES 4ï;j lienne. Le jour où les Yankees seront installés dans le pays, en quelques années, il leur appartiendra. L'inlluence française est indispensable au Brésil pour y contre-balancer l'inll.uencc du gouvernement de \Yashington. :\fais comment le parti français ou européen se serait-il maintenu là-bas, quand notre gouvernement, redoublant de rigueur envers le marché considérable ouvert ù: nos produits, se remet à prohiber l'émigration? Bref, les Brésiliens, lassés. blessés dans leur dignité, nos amis écœurés par l'incompréhensible politique du gouvernement fran,;ais, les États-Vnis ont fini par récolter le fruit de leurs intcllizents efforts : un traité de commerce très favorable à leurs prn<luits les lie à la République brésilienne. Xos Richelieu n'en sont pas émus, et la presse n'a guère compris la portée de cet acte diplomati<rue. Le correspondant de l' i>onomiste (,·cmi;ciis en signale l'importance en vingt lignes. Xous avons cru qu'il était utile de dire it nos lecteurs à la suite de quels incidents peu connus, ignorés 8ans doute du gouvernement français lui-même, qui ne« savait >, pas, le traité a pu être conclu et un important marché assuré à l'.\mérique du l'iord, qui ne tardera pas à y régner en maitresse it nos dépens. Le résultat obtenu par les États-Cnis a\·cc le Bré,;il n'est d'ailleurs que le premier pas, dans un sp,tèmc de politique plus vaste, conçu par les hommes <l'Etat <le \Yashington, en vue d'un va~tc Zollt•tYl'in panaméricain, sur lequel l'Europe et la France elle-même seront bien forcées d'ounir les yeux. L' .\mérique aux .\méricains, veut dire, à \Vashington, les trois ,\méric1ucs aux Yankees et en prévision de cette union douanière, force sera aux nations européennes de faire un retour sur elles-mêmes et la situation douanière générale. Le dernier numéro de la Revue ll'èconomie politique publie, à cc sujet, un article dû à la plume de M. Peez, député autrichien, qui mérite d'être analysé. M. Peez expose d'abord, en quelques pages d'une clarte saisissante, la situation respective des grandes nations industrielles de l'Europe. Toutes, l'Angleterre, l'Allemagne, la France, l'Autriche-Hongrie ont pour objectif principal le marché extra-continental, sur lequel elles se font une concurrence acharnée. La Grande-Bretagne et la France ont notablement souffert de cette concurrence, déterminée surtout par la prospérité de l'industrie allemande, qui s'est dé\·eloppée, en quelques années avec une rapidité merveilleuse. La menace suspendue par les États-Unis sur le marché américain d'un vaste Zolh·erein ne tardera pas à déterminer une nouvelle politique douanière de l'Angleterre qui, elle, peut assurer à son industrie <lesdébouchés d'une puissance de consommation suffisante. Elle n'a, pour cela, qu'à contracter une union douanière avec ses colonies, cette union
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