LA REVUE SiOCIALISTE lui a~surera un marché d'une superficie de 23 millions de kilomètres carré~, soit 17 0;0 de la superficie du globe et une population de :31:.l millions d'habitants, c'est-à-dire 21 010 de la population de la terre. Le Zolh-erein panaméricain, avec 30 millions de kilomètres carrés et 108millions d'habitants, fol'merait le second empire commercial - plus prospère peut-être que le premier, parce qu'une marge est laissée à l'accrnissement de sa population et de sa production, gràce à sa surface plus grande et à la nécessité de créer un outillage pour mettre en œuvre des forces de production, développées dans une seule de ses parties, l'Améri11ue du Xord. L'.\,.ie, l'Amérique et l'Océanie ainsi rermées à toutes les industries européennes, excepté toutefois à l'industrie anglaise, quelles modifications ces changements détermineront-ilssm lesautrcsnations du vieux continent? Tout d'abol'll, il existe en Europe « une grande unité douanière, aussi immense et déjà constituée naturell<·ment, parce <iueses frontières coïncident avec son territoire politique, c'est la Russie ». Les chemins de fer ont vain<,;uson antique ennemie - la distance. Elle est au début de la période indu:,trielle, mais cette circonstance la favorise, bien loin de lui nuire, ajouterons-nous aux obserrntions de M. Peez, et avec ses 2:! millions de kilomètres carres et ses 103 millions d'habitants, elle peut largement se sunlre. « Admettons que ces empires soient consolidés, développés, - l'époque actuelle marche si vite! - il est iné\·itable qu'ils exercent :,ur la \·ieillc Europe une excessive pression, surtout sm· les petits pays - et, en comparaison avec ces énormes puissances, tous sont petits - si ces petits pays ne linissent pa,; par former d'eux-mêmes une confédération ci se réunir de manière à former un !iystèmc douanier commun. » L'Allemagne et l'.\utriche-IJongrie - peut-être les Pays-Bas aussi, songeraient-ils à contracter cette union, mais il y a un empêchement majeur à sa réalisation: car, de par l'article 11du traité de Francfort, l'Allemagne ne peut accord<'r un seul avantage à l',1utl'idie-Jionyl'iP, à la .Suissr, à la Brlyi9.w•, aux P11!Js-R11s, à l'Angleterre et à la Russie, sans que la France en profite aussitôl. li y a beau jour qu<', depuis 1871, l'Allemagne aurait fait de la triple alliance, non seulement une unité mililaÎl'e, mais, cc qui est encore plus fort, une unité économique, sans la clause de l'article 11 qui rive l'Allemagne à la France. (Entre parenthèse, il n'est pas inutile de faire remarquer que cet article 11, très peu connu, sur lequel on a élevé des plaintes absurdes est peut-être plutôt une sauvegarde pour notre industrie qu'une cause de ruine, puisqu'elle nous garantit le marché allemand contre toute concurrence étrangère.)
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