LA REVUE ~OCIALISTE fiter de la chute de Dom Pedro [pour contre-balancer au Brésil, à la fois l'influence américaine et allemande. Nous avons connu cet agent brésilien, assisté .\ ses tentatives innombrables pour intéresser Je gouvernement français, notre presse et nos hommes politiques à la cause française; et il faut avoir vu à quelle indifférence, à quelle ignorance, quelle stupidité - et aussi quelle vénalité - cet homme d'une intelligence d'élite s'est heurté à Paris! D'abord, à l'annonce de la révolution bré~iliennc, la presse parisienne, trompée par Jes agents de la famille d'Orléans et les agences d'informations politiques dont l\l. de Bismarck centralisait les télégrammes à Berlin, annonce que le mouvement républicain est un mouvement esclavagiste. Dom Pedro ayant aboli l'esclavage, la révolution était la revanche des propriétaires négriers. De ;;on côté, le gouvernement français, Carnot et Spuller, envoie! à l'empereur déchu des adresses de condoléance et de sympathie, qui jettent la surprise et la consternation à Rio-de-Janeiro. En vain, ici, l'agent républicain se multiplie, frappe à toutes les portes, veut mettre nos gouvernants imbéciles au courant de la situation, rien n'y fait. Les portes ne s'ouvrent point; à peine si quelques journaux, contre espèces, bien entendu, daignent publier quelques filets inspirés par lui et qui démentaient les télégrammes de source orléano-allemande, dépeignant le Brésil en proie aux horreurs de la guerre civile, sous la domination d'une poignée de sectaires sanguinaires. L'.\llemagne et l'Italie menaçaient d'e1woyer des cuirassés devant Rio; le gou\·ernement français louvoyant, sans dignité, par peur de se compromettre en mauvaise compagnie d'un mouvement révolutionnaire, appuya les notes de l'Italie et de l'Allemagne relatives à la naturalisation, et interdit l'émigration française au JJrésil ! On pense si les États-Unis surent mettre à profit les hésitations inintelligentes de la République française, son hostilité bète contre un pays dont le nouveau pouvoir ne demandait qu'à s'unir etroitement à nous. Les articles de nos journaux, les télégrammes annonçant les massacres de Rio étaient immédiatement reproduits par les soins des agences américaines dans toute la presse bresilienne, suivis de commentaires dans lesquels on démontrait que Je Brésil ne pouvait compter que sur la grande Hépublique-Sœur, pour défendre son indépendance contre l'Europe monarchique, dont la France était devenue le vlat valet. C'est ainsi, par les fautes, l'ignorance de notre gouvernement, que l'in0uence des États-Unis s'est solidement établie au Brésil. Ça n'a pas été sans difficulté, neanmoins. Ainsi que me l'expliquait 1~tt·ès intelligent agent du parti républicain à Paris, l'amitié des Etats-Unis est une menace d'absorption pom· la nationalité brési-
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