La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

4ii LA RE\'UE 80CIALIST8 tidiens ont à peine consacr6 un alinéa de quelques lignes aux clauses de cc nouveau traité, mentionné parmi les faits divers du jour et qui ouvre le Grésil aux produits des industries de l'Union, admis en franchise ou avec des réductions de tarifs très considérables, contre lesquelles ne pourront lutter les produits franc;ais. Nous cro,·ons devoir insister un peu plus longuement que ne l'a fait. Je corre~pondant anon_\"lnede l'J~ronomiste{.-ançais, sur l'importance de cet accord commun, pai·cc que les incidents qui ont amené la prépondérance de l'influence yankee au Brésil méritent d'être rapportés. La conclusion de ce traité, passé inaperçu, est, en e!Tet, la conséquence d'une politique de longue haleine, poursuivie depuis longtemps par l'Am6rique du Nord aYecune suite de vue et une habileté de conduite ,1ui fait le plus grand honneur à son génie politique, en même temps que sa réussite témoigne de l'ineptie de nos gouvernant~. :\lalgré la distance qui sépare, en c!Tct.,l'Amérique Centrale et l'Amérique du Sud de leurs m6tropoles européennes, ces diverses républiques établies, sur de vastes territoires, n'ont cessé d'entretenir des rapports suivis avec elles. Ces républiques d'origine latine ont. toujours nourri une défiance instinctiYe pour les États-Unis, dont les sépare l'opposition naturelle des races. Jusqu'à ce dernier temps, tous les efforts tentés par la puissante confédération du Nord, en nie d'arriver à la conclusion d'un :;ollve1·ein panaméricain, sont restés sans résultat. Héfractaires aux mœurs eth la culture anglo-saxonne, l'Amérique Centrnle et l'Amérique du Sud restent fortement attachées à l'Europe latine et particulièrement à la nation qui en résume les tendances et les aspirations les plus élevées - j'ai nommé la France. Au reste, jusqu'à ces dernières années, la situation politique d'un ttat, non encore parvenu à la forme républicaine, s'opposait à la réalisation du rêve panaméricain, c'était le Brésil. Cette circonstance défavorable se compensait, il est vrai, par la politique impériale de Dom Pedro, qui, durant tout son règne, s'est c!Torcé cle diminuer l'influence et la culture françaises au profit de l'Allemagne. L'influence française représentait, l'élément de résistance latine le plus solide, contre les projets de l'Amérique du Nord. Dom Pedro, en la diminuant de tout son pouvoir, servait inconsciemment, non les intérêts de l'Allemagne, mais des ÉtatsUnis. - J'en demande bien pardon aux lecteurs de la Revue socialiste qui ne connaîtraient l'empereur du Brésil que par les discours .de réception prononcés dans nos académies ou les portraits qu'en ont tracés les journaux boulevardiers; mais tandis que l'empereur- « à la barbe fleurie» était dans notre pays l'objet des enthousiasmes les plus sots, que Victor Hugo l'admettait à sa table, au Brésil

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