La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

flEYUE DES flE\"CES "7 l L'histoire parlementaire et administrative des l~tats-"Cnisfou rmille, .au contraire d'aventures scandaleuses. Dans cette dernière re,·ue, je citais les malversations, rappol'tée,; par :'Il. de Varigny, de.:;administrateurs de territoires indiens, malversations qui ont p rovoquô la révolte et le massacre des Sioux. '.\I. Chailley, dans J'i-;co ,1omisle {l'an,:ois du 21 mars, raconte un scandale parlementaire récent, <l'unr• saveur toute yankee. A la veille de se séparer, le Congrès (dont la majorité a été b attue aux dernières élections, de sorte qu'un grand nombre de ,:es membres étaient déj/t fixés sur le renoU\·ellcment de leur carrière pa rlementaire) a rnté les crédit affectés au ser\"ice des Indien;;. Cc servie<' exige GmillioM de dollars. La Chambre en a voté i•inut ! Voici un spécimen des supercheries employées par le Parlement: Le gouver nement a demandé 1,:•00,000dollars pour payer ;J millions d'anes clc terre,- achetés aux Indiens Cheyenne, et :Jmillions de dollars, pou r payer également 3 millions d'acres, ,tchetés aux Choctaws et aux ( 'hiekassaws. Or, ces territoires, d'une superficie égale, sont un même territoire de :3 millions d'acres, pa~ és une premil-rc fois J,500,000 dolku·~ (ï,500,00U francs environ) et une scc:ondc 3 millions. Seu ll'mcnt, occupés par di,·erscs tribus, les :3 millions d'acres défilent dans I<'-, articles de la loi, comme les figurants du cirque. La pre~"e, naturellement - j'cntcnd~ la prcs:se démocrate - cric au scandale; mai'i les républicain,; ~•en moquent. XP fautil point qu'il-, préparent leur rc,·anchc, et une rcv:rnchc politiqu<' coùt e cher! Avant de quitte1· les afTail'cs, le parti républicain constitue sa cai se électorale pour la prochaine campagne. ()uc si, gràc<' à la cai-;sc ainsi organisée, ils battent leurs adversaires au:\.élections gén érales, soyet: a<;suré que le parti démocrate ne voudra pas clemc urcr en reste sur le parti républicain et lui au~si, fera la sienne, av ant de céder la place. Dans cc même numéro de l'Éroncmiste f1·ani;ais, nous relevons une très courte lettre, <;ignéed'une initiale X, à travers laquelie nous croyons reconnaître un sympathique républicain brésilien, (JUC préoccupe vivement l'absorption dont son ·pays est menacé pat· les ÉtatsUnis. :'II.X., en eITet, signale à l'attention française le traité conclu récemment entre le Brésil et les États-Unis, comme de n ature it porter le plus grand préjudice aux intérêts européens, puisqu 'il aura pour conséquence cl'assurcr le marché brésilien aux produits manufacturés de l'Amérique du ~ord. C'est là un fait d'une gravité qui a complètement échappé à la légèreté déplorable de notre presse politique, exclusivement vouée aux récits des scandales du jour et incapable d'attirer l'attention de l'opinion sur les questions i ntéres- -sant à un haut degré notre influence à l'étranger. Les journau x quo-

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