La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

HE\"L'E DF.S REVUES L'article de ;11.de Lavcle.,·e contient quelques chiffres hien in téressants, r1uiméritent d'être cités à part, sur la dépréciation considérable subie par la propriété agricole cn,\nglcterre. li les cite; \ l'appui de sa thèse et nous les rcprodui-;on~, parce qu'ils répondent c loquemmentaux 1·écriminations violentes des pro-priétaires français. Ceux-ci, en effet, se plaignent de traverser 11110 cri!>edouloureuse, sam; analogue dans les autres pays. Je sais bien que le mal cl'autrni n e guérit pas le nôtre. ;1lais les plaintes de l'agriculture française co nsistent, prccisémcnt, en cc que cette dernière se prétend sacrifiée et qu'à l'appui de ses revendications, elle affirme se trouver clans u ne situation tout à fait exceptionnelle. \' oici quelques chiITres c ités par l\I. de Lavelcyc, pour l'anni'•c Li<()II, sur la bai::.sc du prix dl'S terres dans la Grande-Bretagne. « Le domaine de Brackcnht1r!d1, LinrnJn,,hirc, est h~·pothéqu é, il y a vingt ans, pou1·:3ü,()00livres sterling; on y llépensc IO,OIJOlinos sterling; il e:,t évalué aujourd'hui lU,000 livres stcding. Tilshcadrnano1·, :'\orvilts, acheté l~,000 livre, sterling, lt) pothé<pté pour 10,000 livres ste1·ling, ne trou1·c pa,, acqul°•rcur à j,H)O livres ,-,tcrling. Le duc de :'\c\\'ca,,tle a vendu à un brasseur, pour 1:37,000livres sterling, le magnifi<rue domaine de \Yorksop-manor, acheté par s0n pi.·rc :n5,000 livres sterling en li<'iü. Le domaine de Bandirran, t.n Écosse, acheté U0,000 lines sterling en tt,ïO, C!:>toffert en vain pour 1:3,000. La terre d'.\uchterhousc, Forfarshirc, acheté e il y a 10::.ns 31,;>UÜlivres sterling, est vendue Jli,000 livres. Parmi les ,·endeurs de terres patrimoniales, on voit les plu,., grands noms : le duc de Fire, le duc de Buccleugh, lord Clinton, lord ('adi,,le, l e comte d'Egmont, le comte de Devon, le comte .\u~hurst, lord .\sh burton, le marquis de Iluntle.,-, etc. En J'.:cosse, cinq grands domain es, évalues chacun plus cl!' 200,000 livres sterling ("i,000,000 de francs) sont à vendre sans trouver d'acheteurs; beaucoup de formes reste nt en friche, faute de fermiers. • Ces chifîres prouvent surabondamment que la baisse du pr ix de la terre a atteint la propriétc anglaise aus,;i durement que la propriété française.« La propriété américaine, elle am,,.,i,acté att einte», nous dit ;11.de L:weleye, et il en cite des exemple" emprunté s à des sources qui ne présentent peut-ètre pas le même degré de p récision et d'authenticité que pour la propriété anglaise. En paësant, je dois remarquer que si la baisse du prix des terres en Amérique est authentique, elle va à l'encontre de la théorie bi-mctalliste de i\l. de Laveleye. L'Amérique, en effet, n'a pas, à proprement parler, supprimé la liberté de la frappe du métal blanc. Son système d e certificat la remplace même plus avantageusement; des quantités col os- !lales de lingots d'argent pouvant, de la sorte, être transf ormées tous les jours, au Trcsor public, en un certificat qui devi ent une

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