LA RE\"UE SOCI.\LISTE l'ar!!cnt lui fournirait <'11 quantités suffisantes. La suspension de la frai~P<' du mi•tal blanc a donc eu pour conséquence de pertu1·ber le man:hé économique, privé de l'instrument <lecirculation par excellence: la monnaie. L'in,uffisance du métal monétaire a pour résultat, C'nefTet,d'arcroîtrc le prix du signe d'échange et de diminuer, par contre, le prix de!>marchandises, achetées pour une quantité moindre de métal. La grande baisse des prix de cette dernière période- économique n'a pas eu d'autre cause. La grande crise que nous vcnon» Je travcrsc-r n'est qu'une contraction monétaire, causée par la déprfoiati,rn de l'argent, qui a fait de l'étalon or l'étalon monétaire uniqne sur le marché européen. A l'appui de son assertion, M. de Lavel(•ye rcmar<(ue <1ucle vote du Silve1· Bill américain ayant provoqué une hauo;sedu prix de l'argent, aussitôt le marché a ressenti les efTets bienfai"':rnts de cette hausse. La baisse des prix: s'est trouvée cn1"ayé0et la vie économique a repris. Telle est, ~ommaircmcnt réduite à sa plus simple expression et dégagée des si intéressantes observations consignées dans les 40 pages d<•son article, la thèse de 11. de Laveleye. Elle ne m'a com•aincu, ni de la supériorité du bi-métallisme professée par notre éminrnt confrère, ni de la pureté des mobiles parlementaires <1ui ont fait d('Créter l'achat mensuel d'énormes quantités de métal blanc aux prnpriétaire;s de mines, pat· les députés de l'Union américaine. La baisse des prix est la caractéristique de toutes les crises économiques. Elle a donc pu coïncider, dans la période que nous venons de traversrr, avec la rarefaction relative du signe monétaire; celle-ci a même pu influer sur cette baisse et l'accroitre clans une certaine m<'sure, sans en être Je facteur premier et le plus important. Une baisse du prix des produits ne suffit pas à expliquer l'engorgement du m~rché, la hrusque cessation de travail qui décime le p1·ol<'•tariat.Au contraire, elle deHait pré,·cnir cette baisse, puisque le salaire efTcctif des ouvriers, pal'tant leur pouvoir d'achat et de consommation s'accroît, en proportion de la hausse du signe monétaire. Comment donc cxplic1ucr que l'opposé se produise, que -ettc baisse de prix, réputee bienfai,ante, devienne- le signal d'une misère générale. N'est-il pas plus juste de penser que, si la production <lel'or, principal instrument d'échange, ne s'accroit pas proportionnellement aux progrès plus rapide,; de la production générale, l'ar:croisscmcnt de cette dernière étant con,,tant et régulier, toute ch0~cs restent dans un rapport économi,rue identique, ap1·èscomme avant? Les crises de surproduction pcu,·cnt entraîner des crises monétaires, des perturbations violentes sur le marché du médium d'échange, il serait contraire à la vérité économi<1ue,croyons-nous, de vouloir faire l'une synonyme de l'autre. La p1·emière est un phénomène d'ordre général, la seconde un accident tout particulier.
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