La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

4G4 LA REVUE SOCIALISTE \' oici, maintenant, les résultats obtenus : De 1838, première année où l'enregistrement des décès a été fait d'une façon régulière, à 1865, la moyenne de la mortalité s'élevait à 22.33 pour 1,000 habitants. De 1866 à 1875, à 22.19 pour 1,000.- La mortalité est donc restée stationnaire de 1838 à 1875, - avec de brusques dépressions d'une année à l'autre, selon les maladies épidémiques qui, à un moment donné, infléchissent la courbe de la mortalité. A partir de 1878, la mortalité diminue d'une façon presque constante, régulière, sans discontinuité. Voici, d'ailleurs, les chiffres pour la période 1880-1889, ils sont concluants : 1880................... 20.5 18SL................... 18.0 18~2........ . . . . . . . . . . 19.6 1883................... 1-1.5 1884................... 14.5 18S5............. 19.0 1886............ . 19.3 1887................... 18.8 1888................ . . 17.8 188().................. 17.9 Les Anglais évaluent, en livres, schellings et deniers, ces résultats. Ce sont là des calculs qui nous .répugnent, estimant qu'on ne peut établir la valeur marchande de la vie humaine. En France, néanmoins, l'existence a une valeur au moins nationale, puisque les t!écès menacent de devenir plus nombreux que les naissances. Eh bien ! en se plaçant à ce point de vue pins large, quoique bien étroit encore, car ce n'est pas le point de vue humain au sens élevé du mot, voici que.lie a été, pour la période 1880-1889, l'économie <le vies humaines assurée par la loi de 1875, si on suppose, ce qui est tout à fait légitime, qu~ la mortalité eût été, pour chacune de ces années, la même que pour les années 186û-1875. On a économisé : En 1880 .. 1881... 1882 .. 188:J. . 188 l. .. 55,183 existences. 87.722 68,5-13 72,177 62,986 En 1885.. . 1886.. . 1887.. . 188 .. . 1889.. . 87,522 existences. 80,545 95,757 1?.5,680 142,466 Soit un bénéfice total de 858,591 vies humaines épargnées. Si, en France, nous parvenions à atteindre les résultats obtenus en Angleterre, résultats qui n'ont pas encore dit leur dernier mot, car l'action bienfaisante de la loi continue à influer sur la décroissance de la mortalité, nous sauverions, tous les ans, plus de 130,000 existences, et au bout de dix ans le pays compterait 1,300,000 Français de plus - abstraction faite du modique taux d'accroissement résultant de l'économie des vies adultes pendant cette période. C'est là, assurément, un résultat enviable, que nous ne sommes pas près

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