La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

un homme à jeun qui se m<'t à l'ouvrage à six heures, p ar une froide et sombre journée d'hi,·er, n'abat pas beaucoup d'ou vrage. Je proposai ii mes ouvriers de ne ,·enir à l'usine qu'à huit heures du matin, mais à renoncer en revanche à leur collation de dix heures et de travailler courageusement jusqu'ù midi, inter1·0111p rele travail une heure pour diner, et le reprendre à une heure sans discontinuer jusqu'à cinq heures. « J'offris le même salaire pour cette journée bien remplie de h uit heures que pour la journée si souvent coupée de neuf heures , et j'ajoutai que je ne retiendrais rien pour le congé du samedi aprèsmidi, de sorte que la semaine ouvrière ne serait plus que de quarante-cinq heures. 11 );aturellement mes hommes acceptèrent la proposition av ec enthousiasme, et l'expérience n'a (ait qu'augmenter leur satisf action. « De mon côté, continua le sympathique directeur de l'usine, je suis très content. .\les ouniers font tout autant de besogne , peutêtre da,·antage. « Depuis que la journée de huit heures a été adoptée, nous n'avo ns pas eu une seule heure supplémentaire, et cela sans avoir aug menté mon personnel. J'ai dû simplement prendre à mon senice un portier et deux gardiens de plus. « Ces faits, ajouta M. Ueaufroy, parlent d'eux-mêmes, et tout co mmentaire serait inutile. Il me semble aussi banal de dire que je crois à l'excellence du système des huit heures de tt-avail que de déclarer que je c1·ois à la table de multiplication. » La Revue scientifique analyse, dans son numéro du ,:1 avril, un bien intéressant travail de .\1. Monod sur les mesures d'a~sainiss ement prises par le gouvernement anglais et les résultats surpr enants (JU'elles ont eus sur la mortalité généi·ale. En France, où la loi sur lP,glogements insalubres date de 18;;0, on ne saurait trop médite1· les chiffres fournis par M. Monod, car ils sont propres à fai1·eressortir l'état d'infériorité navrante dans lequel nous nous tro uvons, gràce au beau respect que nous pr?fessons pour la propriété et aux beaux principes d'abstention de l'Etat en matière d'hygiène comme en matiè1·c économique. Voici quelques-uns de ces chiffres : li y a sei.i;eans, l'Angleterre promulguait le Public Ifra!th Act, loi générale pour la protection de la santé publique. En même temps qu'elle contraignait les propriétaires à. l'observation d'une série de prescriptions qui, en France, soulèveraient un toile géné ral, la Grande-Bretagne procédait à d'immenses travaux d'assainisse ment, dont la somme totale s'est élevée, en 1890, à trois milliards, s oit une moyenne annuelle d'environ 218,750,000 francs.

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