LA Dl~)!On.\LIS.\TIOX FIX.\NCl~':RE 451 gros et petits, doivent prélever sur les transaction s commerciales et industrielles. « Les barons féodaux se plantaient, lance au poing , dans les carrefours pour rançonner les marchands passant p ar leurs tenes; les seigneurs de la finance s'emhusquent traitreus ement derrière la Banque de France pour voler la nation et détro usser les eomme1·- çants et les industriels (1). » Qu'ajouter à. cette maîtresse critique, qui, seule, suffirait à mo tiver un projet de reprise par l'État du monopole de la Banque de Pranee? Les socialistes ont d'ailleurs invoqué d'autre s considérations d'ordre plus théorique. Dans un article remarquable et remarqué de Gustave Roue.net sur cette question, il est établi avec un gra11dlu xe d'arguments que la nationalisation de la Banque de France est ju stifiée par les conditions nouvelles du crédit, conditions résultant des complexes évolutions du monde de l'échange. Rouanet conclut comme suit : « I. Le crédit est une forme supérieure de l'échang e, dont la mon- naie fiduciaire est l'instrument. « II. L'échange est passé pa1· tl'ois stades de déve loppement : le troc, ou l'échange direct de deux marchandises; l'échange au moyen de la monnaie-marchandise; l'échange au moy en de la monnaie fiduciaire qui économise la première et multiplie les transactions.- La monnaie fiduciaire est une monnaie sotiale, dont le cours est en raison directe du développement social qui le ga rantit. c III. Les Banques sont des ateliers de monnaie fi duciaire, et les banquiers, des agents intermédiaires qui fourni ssent le marché du médium de circulation nécessaire, en même temps qu'ils mobilisent les capitaux, les concentrant et aidant par là au développement de la production. « IV. Mais l'extension des banques a amené la f ormation d'une puissance spéciale, les banquiers ou financiers, q ui, périodiquement, inondent le marché d'une quantité de signe mo nétaire en disproportion avec la masse réelle des marchandises q ue ce signe repré- sente; d'où les perturbations anarchiques qui révolutionnent le monde de l'échange, tarissent la source de c rédit et spolient le marché au profit des faux monnayeurs fiduciai res. D'où encore la nécessité de mettre ordre à. ce despotisme anarchique par l'intervention naturelle de l'État (2). L'intervention de l'État ne peut s'exercer que p ar la reprise du (1) Paul LAPARGUE; journal le Sociali,tc, 1891. (2) G. RouANET, dans la Reoue sociali•te du 15 mars 1888.
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