La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

150 LA REVUE SOCIALISTE patriotisme est prèt à livrer à n'importe qui deux provinces et dix milliard~. « Les malheurs de la patrie touchent peu les industriels et les commerçants; aussi ne se sont-ils jamais inquiétés des vols que, de compte à demi avec M. Thiers et les financiers cosmopolites, la Bani1ue commettait au détriment de la France; la façon dont ils sont traités les intéresse davantage. « Les profits de la Banque montent à mesure que les embarras du commerce et de l'industrie croissent, et que le nombre des faillites grandit, ainsi que le prouvent les chiffres suivants, qui embrassent une période de plus de 1.0 ans : 1841. ................... . 1847.................... . 1851. .......•............ 1857.................... . 1860.................... . 1864.. : •................. 1871. ................... . 1872.................... . 1873.................... . 187•1. .................. . 1877.................... . 1879.................. . 1880.................... . 1881. ................... . Faillit('S. 2,511 4,762 2,305 - 3,983 3,800 4,642 3,019 5,30G 5,508 5,59G 5,489 G,174 6,295 6,795 Oil"id. par act. 126 fr. 177 10-> 247 140 (1) 200 270 320 360 293 75 110 150 250 « Donc pendant les crises commerciales, quand les faillites augmentent, la Banque réalise ses plus beaux profits : elle aggrave les crises en élevant son escompte à des taux usuraires, interdits par la loi. ~fais la Banque se moque de la loi; elle sait comment on achète les législateurs. • La Banque, dans l'intention de Napoléon I•r, devait venir en aide au commerce et à l'industrie: elle les pressure. Les Rothschild et autres grands manieurs d'argent ont accaparé la direction de la Banque ; eux seuls déterminent le taux de son escompte selon leur intérêt; et c'est l'escompte de la Banque qui règle Jeprix de l'argent jusque dans le village le plus perdu dans les bois. Ces seigneurs de la finance cosmopolite qui sont inconnus à la masse des commerçants et des industriels, et qui n'ont aucune responsabilité, ont cependant l'effrayant pouvoir d'imposer la circulation fiduciaire de toute la France et de décréter le tant pour cent que les banquiers, (1) On doit se souvenir qu'en 1857 la Banque doubla le nombre de ses actions: de 91,250 elle les porta à 182,500, cc qui expli<1ue la modicité relati\'e et toute temporaire du dil'idcndc.:

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==