L.\ DÉ~IOI\ALl::i.\TION FINA:'\CIÈRE On a même osé mettre en avant la nécessité de laisser à la garde des particuliers la réserve métallique de la France, juste au moment où, clans un livre récent (1), un écrivain socialiste a démontré que l'encaisse réel est inrérieur d'un milliard à l'encaisse annoncé. Au surplus le prétendu patriotisme des hommes de Bourse a été jaugé par Paul Lafargue dans une incisive page toute à !'<'produire et qui nous clispen era d'une argumentation plus étendue: « En 1 70-71, la France traversait une crise doulom·euse; ses armées battues, un tiers de son territoire occupé et saccagé par les troupes prussiennes, elle livrait cieux provinces et payait cinq milliards. La nati<foentière était plongée dans la désolation, la Banque nageait dans la joie; ses hénéfices montaient de la façon la plus réjouissante; ils allaient atteindre en 1873 un taux inouï qu'elle n'avait jamais connu et qu'elle n'a pas encore retrouvé. Les misères et les malheurs de la France faisaient le bonheur et la prospérité de la Banque de France. « Depuis 1867, les bénéfices de la 8anc1ue baissaient d'une manièro inr1uiétantc, la défaite de la France les a fait rcmontrr. Voici le tableau des di\'idend~s par action distribués de 1866 à 1 76: 1Jh·ldond1tspar aclion. lJividendc! par actiou. l~GG. . . . . . . . . . . l:i6 fr. lbi2............ 3:/0 fr. 1867............ 157 IH73............ aGO 1 Gll............ 107 1871.... . . . . . . . . :?tl:l 1870............ 114 187:i............ 206 1871............ 2i0 18iG.... .... .. .. 14!1 c C'est bien les malheurs de la patrie qui procuraient à. la Banque ces bénéfices scandaleux, 11uiplus que triplaient ses dividendes de 1 69: les tripotages de l'emprunt et les sommes qu'elle avançait à l'Etat emplissaient sa caisse. « Pendant la période de 1871 à 18711, la Banque prêta à l'Etat, au taux de 3 0/0 et même de 6 0/0, 1,300 millions qui ne lui coùtaient pas un sou. - En elTet l'Etat a,·ait décrété le cours forcé de ses billets et l'avait de plus autorisée à porter l'émission de ses billets de 1,800 millions à 3,200 millions. - Par conséquent le crédit de la Banque n'existait que grâce à l'Etat; et pour trouve1· les 1,300 millions qu'elle avançait à l'Etat, clic n'avait qu'à imprimer des billets de Banque, qui n'avaient de valeur que par le cours forcé : cependant l'Etat paya les billets de Banque avancés au taux de 6 et 3 0/0. • La Banque de France complétait l'œuvre de dépouillement des Prussiens; et pour rctrouvc1· les délicieux dividendes de 1 '73, son 11) Où est l'araenU par Auguste C11rnAc. 2"1
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