La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

l148 LA REVUE SOCIALISTE la lourde responsabilité des conventions scélérates, livrer pour un quart de siècle aux mêmes Rothschild, aux mêmes Blount, aux l\Iallet, le plus puissant établissement du globe, le cerveau et le cœur <lela France commerciale et industrielle. Vainement des hommes considérables qui, pourtant ne se recommandent nullement du socialisme, disent aux aveugles et aux coupables : « Prenez garde, la France entre dans une période complète de transformation ; le progrès des institutions républicaines entraînera des changements profonds dans l'organisme que l'Empire nous a laissé et que les deux monarchies de 1814 et de 1830 ont cru habile de conserver ; la République ne pourra pas toujours se contenter tlu lit de la monarchie même en changeant les draps ( l). » M. Fournier de Flaix n'est pas plus écouté lorsqu'il dit : « La Banque de France de Napoléon, car elle subsiste encore telle qu'il l'a construite à coups de décrets, ne saurait pendant 30 ans, répondre aux besoins multiples, nés de changements incessants? Est-il prudent de laisser aux quinze régents, se recrutant eux•mêmes dans un cercle oligarchique sévèrement fermé, la libre disposition de la première Banque du globe, avec une circulation de quatre, peut être de cinq milliards ? » Les afTolésne veulent rien entendre; ils parlent effrontément des intérêts du commerce foulés aux pieds (2). (!) Fournier de Flaix, dans la Reoue cl'économic politique, février 189l. (2) L'obligation abusive <le la troisième signature exigée par la Banque de France, oblige les commerçants et industriels à payer aux banquiers et escompteurs des intérêts à taux souvent double de celui perçu par la Banque de France, plus de commissions et agios qui portent, pour le petit industriel ou commerçant, le taux moyen de l'escompte à 12 0/0 et souvent au-dessus. On peut donc dire que la Banque de France n'a rien fait depuis sa création poui· ounirscs guichets aux producteurs français pour favoriser l'essor el le développement des petits commerce el industrie. Par contre, elle a favorisé le maintien des hauts bénéfices réalisés par les banquiers escompteurs, et toutes les sociétés dites de crédit aux dépens des travailleurs français. Le chiffre moyen des effets escomptés par la Banque de France s'élève annuellement en nombres ronds à dix milliards sur lesquels elle a prélevé des bénéfices nets variant de 29,321,610 fr. 50, chiffre le plus faible en 1878 à 72,757,013 fr. 46 en 1882, et donne pour la moyenne do ces dix années 46,800,000francs, cc qui a permis de distribuer des dividendes variant de 97,93 :l. 298,96 francs par action de 1,000 et un produit moyen de 182,30, soit 18 J /4 0/0 du Capital cersé I En ajoutant à cc bénéfice une somme d'au moins un tiers supérieure pour le supplément de taux d'escompte, les commissions, agios, etc., prélcYécs par les Banquiers et escompteurs sur ces dix milliards de valeurs, on arri,·e à une prélibation crau moins 120 millions prélevée sur le papier banquable dont plus de moitié pourrait être économisée aux pro<lucteu1·set commerçants français. (J. Pinauù, dans la lleoue Social~~tc).

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