La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA OEMOHALISATIONFI:-;ANCll~HE retentirent de plaintes, mais on eùt dit que le chàtiment ne faisait qu'étendre la contagion (1). » Tant et si bien en effet s'étendit la contagion que la France laborieuse pantela bientôt sous la griffe rie;; carnas~iers. Au nom de la conscience publique foulée aux picris mais Yivante encore, Toussenel, l'éloquent auteur <le L1•s .Jui{8 ,·ois <le 1',;pw1iw, marqua la caste spoliatrice de cette flétrissure qui est toujoun; de saison, les pillcries boursières et les monopolisations capitafü,tcs n'ayant fait que croitre en puissance et eu malfaisance : « L'\ féoclalité industrielle, financière ou commerciale, ne repose ni sur l'honneur, ni sur les honneurs, comme la république et la monarchie de '.\lontesquieu. Elle a pour base le monopole commercial, oppresseu1· et anarchique. Son carnctèrc, c'est la cupidité, cupidité insatiable, mère de l"astuce, de la mauvaise foi et des coalitions. Toutes ses institutions portent le cachet clc l'accaparement, du mensonge et de l'ini11uité. ll envahit la chaumière du pauvre, comme le palais des princes; tout aliment convient à sa voracité. Comme le mct·cure subtil qui s'insinue, par sa pesanteur et sa fluidité, à travers tous les porcs de la gangue pour s'emparer des plus minimes parcelles du métal précieux qu'elle renferme; comme le hideux ténùi, dont les anneaux parasites suivent dans leur circonvolution tous les viscères du corps humain; ainsi le vampire mercantile fait courir ses suçoirs jus11u'aux ramifications extrêmes de l'organisme social, pour en pomper toute la substance et en retirer tous les sucs. « Le ton, sous le régime de la féodalité d'argent, c'est l'égoïsme qui cherche vainement à se dissimuler sous le masque d'une philanthropie hypocrite. Sa devise est : CHACUN POUR sO1. « ... La féodalité industrielle plus lourde, plus insatiable que la féodalité nobiliaire, saigne une nation à blanc, la crétinise et l'abâtardit, la tue du même coup, au physique et au moral. Son despotisme est le plus déshonorant de tous pour une nation généreuse. C'est celui sous lequel nous \'ivons, celui qu'il faut briser. » Oui , il le fallait briser cc despotisme financier; ie peuple victorieux de Février qui criait : A bas les voleurs! en défilant devant la Bourse, l'avait bien compris aussi; mais on le trompa en attendant de le massacre1·, el:c'est la République qui succomba sous la double agression des hommes d'argent et des clérico-réactionnaires manœuvrant de concert. Le second Empire fut la providence des uns et des autres. On sait ce qu'y gagnèrent les cléricaux ; quant aux dévorants, ils purent opérer à l'aise, le silence était complet et le vent tout à la reconsti- {l I Louis BLAXC, llistoit·e de di;,; ans.

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