43;J précipitée par les hommes de la haute finance, dont les retards calculés firent échouer la campagne cl<' Russie (1). Après \Vaterloo, ils furent les maîtres incontestés du monde écono!11if!ue. « On peut, a dit un disciple de Fourier, prendre la fatale année 1813 pour l'ère nouvelle de la puissance des hommes d'argent(~) ». Tout leur souriait en effet à ce moment; l'astre funeste <leJames de Rothschild s'était levé, ,!éjà grossi <lela ruine publique. Grlce à cc redoutable Ashinasim \:J), les dévorants avaient un roi de la race de David, un roi qui allait bientôt être entouré d'autant d'archiducsqu'un \Vabsbourg, d'autant de fl'Udataircs qu'un ancien roi de France, et commander dans plus de capitales que ne le put jamais un empereur romain. (l Ch. Foul'Ïcr a écrit lil-<le,s1h une pae;c <1uie,t tout enlii•rc ,i citer : • Cc fut Bonaparte 11uicommit l,t faute <lllcréer pa1·tuut des hou,'sCti cl ofli,•e~ etc<"ourtiers, d'exalter l'agiotag", de jclcl' les toges de sénateurs /t lu. tète <les agiokur:s, faute qu'il a payée dt• :,;ont1·1-.ne: l··e.._tla. \T:t.if' c~u,~c de sa. d1utc. Cu tripotagu de Bout·so, une famine artilieicllc fil retarde,· et man<tucr sa <"~'lmpaµ-ncdo H.u!';:sic.Uû là. na<1uit la. ,·ualîtiun gèn\•1\tle. Lt~ •·ow1uérant qui faisait trcmhlcr tant qc mona,·,lucs t1·cmlilait lui-m,'mc <len111tun agioteur (,·ontra,te fort naturel dan~ un caractère de ,ixièmc dc1,:ré <'olllmc le sicn:i. • Que serait-il arri"é si Xapoléon n'eût pas fléchi de,·ant la. Bourse et les courtiers de Paris? Un despote, hans pré\'cntion cl de sang-froid, aurait dit : « Voilà une poignée <le sa.ng~uc:-tqui n~ut a.rfamcr un cmpirt', ..,0Lùevc1·mon • peuple, ébranler mon trône, ils méril<-nt CU'C•m,'me, d'être mi, â la famine. « (Ju'on saisi:-,..,Cles mn.ga,in:-, tks mcnclll':-, hh'n connus; qu'on les ,·cnde a.u • prix cl'a!'hat cl qu·on en partai-:c le produit entre les dépôts ,le mendic·ité. " S'il eût pris ,•elle mesure dès le mois do jamier 18ll, et sil l'cC,t appuyée par l'cn,·oi de commissaires en pay:-; étran~cr..; pour l"tu·hat <le µ-rain1.;, qu'en serait-il résulté T La rentrée en cireult1tiun de tou:-;le'."!g1·ain-, accaparé::;, la cessation de la famine et, cc qui cùt élu ùécisif, l"ournrturc de la campagne au 15 mai, époque ou fut ouvc,·t,• en pareil climat relie qui a.mena. la paix de Tilsit!. La crainte clcs menées d'a~iotage et des mouvements populaires fil différer de six semaine, et plus. Pendant co délai, la Turquie, voyant ,1u·on manquait Lo moment <l'agir, se crut leurrée. On faisait craindre à la Porte d'avoir â soutenir bientôt le choc· de toutes les forrcs de la Ru,sic; en même temps on lui offrait des conditions brillantes; clic transigea. Le traité de Bukarcsl ne fut signû que dans Ill courant dll juin. Il ne l'aurait pas été si le passage du ;<(iémen,effectué Lo30 juin, l'llùt été le 15 mai; l'entrée à :\los<'OU, faite le li septembre, aurait eu lieu le 31 juillet. Alors les Russes auraient considéré que, malgré l'incendie de :\loseou, Bonaparte avait cn,·o,·c la. chance do trois moii de campa~ne; qu'il pouvait, pendant l'automne, ~c rabattre sur l'Ukrainc,l.,icn pourvue <leg,·ains, cl envelopper Kicw, la Volhynie et la \'allée du Danube, occupée par les Ottomans. Dans cette perplexité, la Russie aurait été forcée de demander la. paix en souscri \'ant au rétablissement de la Pologne. (Cu. Fou1uEn, Du .llécanw11ne de l'a9iota9e.) (2) Touss,::sE1., Les juifs ,·ois de l'époque. (3) Aski,iasim, juif du nord, juif allemand.
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