La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA RJ;:FUT \TIO:-S OU LJ\'nE DU Gl~'\ËRAL DOOTI! 1,11 M. Bradlaugh, les rapport,; restent muets quants aux détails de cett e escroquerie. Il faut bien le dire, les comptes présentr•s par le généra l Booth fourmillent de sérieuses co,üradictions. Cn homme d'affaire s aurait pu ,;"émouvoir desju~tes critiques à lui faites il cette occasion, mais un saint personnage comme le chef de l'Armée du Salut n e saurait s'arrèter à ces misères. Il n'a pas compris que son étonnante confiance en lui-mème le fait d'autant plll's responsable. En effe t, l'homme <1uinous dit: « l"n simple télégramme de moi enverrait n'importe lequel de mes officiers aux extrémités de la terre, le fera it aller des siums cle Londres à San Fr:1.ncisco,ou l'expédierait en mission en Hollande ou dans le Zoulouland, en Suède comme dans l'Amérique du Sud; l'homme qui nous dit: q Je réponds de la discipline,,. et riui, en prati!1ue, base tout le succès de son plan sur sa provident e autocratie à lui, \\ïlliam Booth, a certainement le droit de demander 100,000 livres au public en addition à ses 730,000 livres de re - venu annuel, ainsi <1uc:.J0,000lin-es de plus par an pour continue r ses essais; mais il a encore plus le dC\·oir - ses meilleurs ami s l'avoueront - de fournir de,-;comptes détaillés de l'argent confié à ses soins, et de prouver que cet argent n'a pas été gaspillé dans de s parades oiseuses, ou Yolé pat' quelque charlatan c1uiaurait endoss é l'uniforme de !'Armée du Salut pour remplir sa poche. Ici devrait raisonnablement se borner mon appréciation. Il suffît, en effet, d'avoir montré que le plan du général Booth est économi - quement absurde; que les états linancicrs de ses organisateurs n e sont pas clairs; que tout cc qu'on nous ofTrea été essayé déjà et a échoué; qu'enfin le succès en repose entièrement sur un homme qui n'a que peu ou point d'expérience des affaires industrielles. Mais le gênéral Booth croit répondre à toutes les crilic1ucs en di - sant : Trouvc1. mieux, et ~•imagine sans doute que c'e:.t impos - sible, quoique ses propositions soient en perpétuelle contradiction les unes avec les autres, et que la plus complète ignorance des con - ditions réelles de la société actuelle se révèle à clu.que page de son livre. C'est ainsi que, par exemple, à la page 220, après quelques phrases troublées et bourbeuses sur _la~oopérati_on,et comment ell e doit ètre conduite « d'après des pnnc1pcs équitables, et pour des fins sages et bienfaisantes, afin de produire des fruits plus profitables que l'individualisme », il continue : • On parle beaucoup de capital dans ce moment, juste comme si le capital était l'ennemi du travail; il est vrai qu'il y a des capitalistes qu'on peut regarder non seule - ment comme les ennemis du travail, mais de l'humarlité. Mais l e capital lui-mème, loin d'être l'ennemi du travail, est le grand obje t ciue le travailleur a constamment en vue. Qurlque ,·iolemment que l'agitateur dénonce le capital, son plus grand grief, c'est qu'il n'en '21

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==