La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA RÉFUTATION DU LIVRE DU GÉ:-IÉRAL BOOTH 40'J Passons maintenant aux pages où le général Booth montre l'inefficacité des moyens encore en faveur parmi la plupart de ceux qui répondent aujourd'hui à son appel. Il dénonce et avec rai,,on la déplornblc application de nott:e loi des pauvres et condamne justement le déplorable régime des wol'i,houses, le manque de secours et d'égards des cawal ww·cls (1). Il dit avec vérité que notre système actuel d'assistance est la honte de notre société qui le maintient; il fait remarquer que le prisonnier à qui les vivres et le logement sont au moins assui·és, est dans une position moins désespérée que l'honnête homme sans travail, et sans autre perspective que celle de mourir de faim; il fait une satire violente, à laquelle nous applaudissons cordialement, de cette émigration déce,·ante que des hommes tels que lord ~Icath, n'ont pas honte de préconiser. L'instruction non plus, nous dit le général Booth ne peut résoudre le problème social et les socialistes en effet ne savent que trop que, sans remédier en rien à la situation, elle ne fait que préparer pour les classes dominantes des salariés plus habiles. Le général voit clairement aussi le manque d'ampleur de vues et d'efficacité des il'ade-unions, et la coopération même ne trouve pas de défenseur en lui. « L'épargne, nous dit-il, est évidemment une grande vertu, mais comment ceux qui n'ont rien peuvent-ils être économes? Toutes remarques des plus utiles et <1uine peuvent que faire bon effet. Mais si nous arrivons à ce qui fait probablement l'objet principal de cette œuvrc si largement répandue, nous ,·oyons que le général Booth est tout aussi adversaire du socialisme que des autres systèmes. Il l'accuse de ne rien Youloir faire pour le peuple, de crainte d'arrèter la grande Révolution sociale qui est proche. Et cela, il le dit expressément, bien que lui, comme son aide ti\I. Stcad, rédacteur du I'all .\lall Ga~elte), sache aussi bien que nous que toutes les propositions sérieuse,: pour l'amélioration des conditions sociales sont sorties du camp socialiste. A en juger par la classe de gens qui se précipitent à l'aide du général Booth il est clair que ceux qui vivent des dépouilles du peuple préfèrent l'emploi d'une philanthropie déce• vante à l'organisation de la justice et de la liberté. Ainsi la loi sur les pauvres est mal appliquée; la prison est un enfer; la charité non organisée est nuisible; l'instruction ne produit que des esclaves plus propres à enrichir les capitalistes; prêcher l'épargne, c'est une ironie cruelle, l'émigration telle qu'elle a lieu à présent, n'est que la déportation à vie; voyons maintenant les remèdes que l'auteur des Ténèbres clel'Angleten·e va nous proposer. (1) Sortes d'asiles-o~vroirs. (N. cl. Trad).

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