'ilü LA HE\'üE SOCI.\LISTE Il po~c en principe et c'c~t là sa propre con~amn~tion, que <<tout remède dignc dcconsid!'.·ration doi tt'tre proportionne aux maux qu'il pri-tcnd détruire » (ru'on « ne peut vider l'océan avec un dé à coudre ,, rt <pic « le mal a atteint une tdlc intensité que les victimes se chiffrent par millions,>. Et le général Booth propose de commencer de rcrnédier ù tout cela aYcc cent mille li,rcs sterling! Tkmall(lcz à« John Joncs », le meurt-de-faim, à qui l'auteur en appelle si sou,·cnt, combien de tcmp,; se passera encore - en supposant que tout aille bien dès le commencement - avant que les secours promis par le gt'·néral Booth arrivent jusqu'ù lui. Kous connais'>ons beaucoup de .John Joncs, et ils ne font pas gl'and fonds sur le général 1300thni sur ses plans. La somme demandée est trop faible, l'organi-,ation in<;nffbantc, l'expérience pratique nulle. Que sait le général Booth sur l'organisation de l'industrie? Quelle expérience a-t-i Ide l'enrégimentai ion des tra vaillcurs, et de la condition des ou,-ricr;; sans tranlil ·? Quand Robert Owen essaya de mettre à exécution ses genereux mais utopique.~ projets de réformes, il s'était <l<:-rjàévélé comme l'un de,; plus hal,ilcs manufacturiers de son temps et un organisateur expc',rimenté du travail. :.lais en est-il de même du général Booth? Il est bon de considérer un peu sa personne avantdes'en~agcr plus avant dans la critique de la Yaleur économique de ses propositions, et cela, (\'autant plus que sa personne est le pivot de tout son système. ~ (Jue la lumière soit » dit le grand « :.1anitou » de l'armée du Salut, à l'Angleterre des « Ténèbres », et il se figure évidemment qu'il n'a qu'it attendre quelques heures pour voir luire l'aurore <l'un jour nouYcau sur le chaos de misère de la capitale. Il faut, dit-il, qu'il Y ait du pain et vn asile pour tout le monde. Très bien, mais si ln.loi était stridement appliquée, il y en aurait déjà. Comment se fait-il donc que le génô1·al Booth se soit tenu à l'écart depuis des années de toute action commune avec ceux qui ont combattu sans trève contre la dureté des capitalistes et des économistes maîtres de l'administration de nos indigents? _\v. cc Ir sy:-;tèmc[1ctuel de bienfaisance on gaspille, non seulement cent mil!" 1i1Tcs,mais des millions de livres par an. On pourrait donc procurer <les alimcn ts et un asile tl tout le mouJc en échange d'un trarnil utile; en revanche, la proposition du général Booth n'est autre chose qu'un supplément de philanthropie. _ Il dit aux incapables et aux sans travail: je vous donnerai un asile, Je Yous donnerai des aliments, mais cc ne sera pas une aumône, car vous me payerez en fravail la ration que je vous donnerai et le lit <rue vous oct:upcrez. Comment s'y prcndra-t-il? Les gens traYail- ~<"r:ondtans ses fabriques, produiront des marchandises destinées a clre Ycnducs et cependant, prétend-il, il n'y aura pas plus de
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