408 LA nEVCE SOCIALISTE jolie fille dans la fraicheur de sa première jeunesse e~ de sa beauté, plus d'argent (1u'clle n'en peut gagner par son tra:ail dans aucune des carrières ouvertes aux femmes. » Et plus 10111 encore : « Le métier de prostituée est le seul où le maximum du salaire soit payé aux plus nouYelles débutantes. » Tout cela est très exact, mais ainsi que Parent Duchâtel l'a fait remarquer, il y a plus de cinquante ans, et quoique le général Booth ne paraisse pas le reconnaître, la cause principale de la prostitution, c'est la faim. Celui qui • Ycutcomparc1·les gages des jeunes filles qui servent clans les grands magasins et dans les cafés avec le prix de leurs vêtements, sait parfaitement bien que sans parler des frais de nourriture et de logement, si elles ne sont pas aidées par leurs parents, les jeunes filles n'ont pas d'autre moyen que la prostitution de suppléer à l'insuffisance de leurs gages. Et de quoi cela provient-il? ;\Tondu péché, mais directement des causes sociales et économiques dont, autant que je puisse voir, le général Booth ne cherche nullement à s'occuper. La prostitution est le complément nécessaire et fatal du mariage d'argent, partout où cette sorte de mariage a existé. Les filles de la classe pauvre sont achetées par les maris et les fils des classes riches avec l'argent, extorqué sur le travail insuffisamment rémuné1·é des pèl'es et des frères de ces jeunes filles. (< Aufcr meretrices et confunde omnia libidinibus )> dit saint Augustin, avec une inconsciente mais efîrayante ironie. C'est à la prostitution des enfants du pauvre que les classes élevées doivent la vertu de leurs femmes. Que la femme soit économiquement indépendante, que l'homme le soit aussi, et désormais la prostitution sera inconnue. Nous aYons dit que le général 1300thse charge de faire disparaître les efTetsde l'inique système social. Dans cc but, il appelle à son aide ploutocrates et prêtres pour l'aider à soustrnire à leur vue les fâcheux effets du système social dont ils bénéficient. Les socialistes, eux, sont tout aussi désireux que peut l'être le chef de !'Armée du Salut de secourir les indigents et les prostitutées, mais ils savent bien qu<', dans leurs essais persistants pour détruire la cause de ces ~aux, ils n'ont pas d'aide à attendre de ceux dont les privilèges ont Justement pour contre-partie obli.gée l'existence de parias dans la société actuelle. • · Ce n'est que par un changement radical de nos conditions sociales que les 80,000 prostituées reconnues de Londres, 'peuvent espérer d'autres conditions d'existence et il en est de même de toutes les autres victimes de cet état social. C'est le milieu social qu'il faut changer pout· qu'elles puissent s'améliorer physiquement, mentalement et moralement, et, rentrer dans la communauté et on ne peut le faire que par des efforts combinés sur un vaste pian.
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