La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

L,\ RJ::FUTATION Dt: 1.1\'HE IJU Gl'.:è\1::R\L IlOOTII de la mt'·tropolc meurt à l'hùpital, au l Vo,·l:hn1,sP ou à l'.\sile ries aliénés indigents . .'i nous applir1uons cette moyenne à l'.\ngletcrrc entière, - la misère n'étant pas beaucoup plus grand<' à Londres que dans les autre;:; villes et le" district~ agricoles, - cc ne seraient rien moins rruc Gmillions d'habitant-; sur les :H millionc; de la population totale de la Crnndc-Brctagnc qui formeraient l'armfo de ceux que le gi•néral Booth appelle les sulm11•,:1<;~ ~lai'! nous nous en tiendrons il ses chiffres, à ce 1li.,·ii·111,· wl1111,•1·u1; de troi-, millions de personnes dénuées cle tout et cf'la dan'l le pays le plus riche clu monde, et à un moment où les forces productrices de la richesse sont plus puissantes que jamais. Le contraste seul suffit à faire ressortir l'importance du problème. Cc di:,.ièmc « submergé », demande le général Booth, ne pent-il pas être sau,·é par les neuf autres dixième~, au milieu desquels il végète, soufTre et meurt? Et ici vicnm•nt de nombreux ('t émoll\·ants tableaux de la grande misère de-; travailleurs; de la misè1·e plus grande encore de ceux qui sont sans travail, tableaux <1uinous sont de,·cnus familiers par les éloquents appels des orateurs socialistes, san~ parler de brochures comme Thr liit!Pr ('ru of 011tr11s/ Loni/011, ou des corrc!'pondance:; des journaux ~ur le 1rn'mesuj!'t. Disun,;-lc encore une fois, le récit répété de ces horreurs ne peut qu'être utile en é,·cillant, chez quelc1ues membres au moins des classes riches et oisives, le désir de pénétrer jusc1u'aux causes de la misère qui les cnloure. ~lais ne s'occuper que des effetc;,des cas isolés de d!'.·trcsseet ne pas toucher aux racine.<;du mal, c'est, même en concédant aux plans du général Booth toute l'ctncacité à larruellc ils vis!'nt, n(·gliger de propos délibé1·éla naie raison de la misère et de la dégradation de notre socii•té. Cependant le général Booth ne se méprend pas sur certains points, comme l'ivrognel'Ïc par exe~1ple. Il y a longtemps que les socialistes ont dit que la misère conduit à la hoisson, bien plus souvent que la boisson ne conrluit à la misère. Voyons maintenant cc que pense là-dessus le général Booth : « Le caba1·ct, dit-il, est dans bien des cas le seul salon du pauvre. ~•oublions pas que la tentation de boire est d'autant plus grande <JUC le besoin est plus aigu et la misi,re plu<;profonde. Le gin est le seul Llthé de millier5 des misérables que l'atmosphère corro111pucde leurs taudis pousse à chercher des cxcitai.ts; l'ai1·pur, l'oxygène manquant, on y supplée par l'alcool. » Avons-nous jamais dit autre chose? Un peu plus loin, nous trouvons ceci : « Même celles qui, délibé rément et de leur libre ehoix, adoptent le métier de prostituées, ne le font que sous la pression de tentations dont peu de moralistes semblent s'être rendu compte. A parler net, le vice offre à toute

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==