LE I" )!Al AU co:-.::;E!L )IUNICIPAL DE PARIS que les corporations défilèrent cette année-là sur tout le territoire de l'Union, pour bien marquer, par un hommage mérité à la pat1·ie révolutionnaire, que le prolétariat ouvrier américain ne faisait que suivre la voie ouverte par Paris et la France. Nulle part aucun incident ne s'est produit - excepté en France, à Paris, - où il n'y a pas eu de manifestation ouvrière dans la rue, les organisateurs de cette journée ayant laissé au ministère le ridicule de celle qu'il avait organisée lui-même, en appelant les badauds à venir contempler les moyens de répression formidables, réunis pour la disperser. A l'excuse de Paris et en explication de ces incidents, peu flatteurs pour notre amour-propre national, nous devons nous hâter de dire que, l'an dernier, la manifestation s'annonçait clans des circonstances absolument défavorables à sa réussite. On sortait de la tumultueuse agitati0n créée par les partis royalistes, coalisés contre la République, sous la pure raison sociale que vous connaissez. Le Conseil, arrivé en fin de période de son mandat, était doublement absorbé par le règlement des affaires courantes, que !'Exposition avait rejetées sur le commencement de 1890, et par la période électorale, dans laquelle un grand nombre de ses membres se trouvaient engagés. L'opinion publique parisienne n'était pas moins préoccupée, par le renouvellement du Conseil. Malgré la victoire éclatante de la République aux élections législatives, une grande incertitude régnait sur les résultats éventuels du scrutin communal, à la veille de' s'ouvrir. Les adversaires de nos institutions pronostiquaient tout haut une issue fatale, que pouvait, encore, faire redouter l'aveuglement invincible avec lequel les masses s'étaient précipitées rl:ms un mouvement stérile et sans issue. Dans ces conditions, les projets de célébration du 1••mai ne pouvaient manquer de provoquer des hésitations et de prêter à l'équivoque. Ces hésitations et cette équivoque s'augmentaient, d'ailleurs, des espérances hautement avouées par les fauteurs de troubles politiques, qui annonçaient leur adhésion à la manifestation et ne se gênaient point pour exciter la répression gouvernementale, dans l'espoir que cette répression donnerait un regain de popularité à leur parti mourant, qui l'exploiterait. Ajoutons, enfin, la comédie des mesures de défense p1·ises par Je Gouvernement, affectant de croire à un mouvement organisé par les ennemis de la République, bien qu'il sùt, à n'en pas douter, que le mouvement était exclusivement ouvrier et socialiste, pacifique et légal; mais il pourrait, le lendemain, faire croire à l'existence d'un gouvernement fort, capable de sauver la République, même d'un danger par lui créé. -Toutes ces causes diverses devaient, nécessairement, faire avorter en partie la célébration du 1°' mai à Paris.
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