La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

89-1 LA HEVUE SOCIALISTE plus r<•marquablc, ce n'est pas seulelr' ,nt la ferme volonté d'arriver à protéger et libérer l'ouvrier, ni l'esprit fortement socialiste qui caractérise toutes ses décisions. Cc qui brille avant tout, c'est sa confiance ab;;olue dans les travailleurs ... « ... On n'y voit poindre aucune trace de ce besoin de domination, de cette passion des formalités, qui, presque partout ailleurs, ont toujours accompagné jusqu'ici les institutions créées pour le bienêtre de la classe ouvrière •· 1\1. Greulich, chef du bureau, et !l'l. Kozak, professeur à l'Ecole polytechnique de Zurich, son adjoint, concluent, en exprimant l'espoir que les autorités helvétiques suivront la voie féconde qui leur est tracée par le Conseil municipal de Paris. Ce sont là, Messieurs, de précieux témoignages, dont vous ne sauriez trop légitimement vous montrer fiers, car ils honorent Paris et la France. lis assurent notre place à l'avant-garde du progrès, que nous ne pouvons déserter, sans préjudice pour notre renom et la grandeur du pays tout entier. IV Cependant, le mouvement ouvrier qui se produit à l'étranger présente un caractère de force et de puissance 'JU'il n'a pas chez nous. La rnanirest.ation du 1•• mai, notamment, y a revêtu, l'an dernier, un aspect de solennité, contrastant avec ce qu'elle a été dans notre pays, et particulièrement à Paris où, entravée par des manœuvres politiques de toute nature, elle n'a pu avoir l'éclat constaté à l'étranger. Il suffit, en effet, de parcourir les rapports envoyés par nos repré· scntants sur les conditions du travail, dans les pays auprès desquels ils sont accrédités, pour s'assurer de la grandeur spontanée de cette Fête du travail, délibérée dans le Parlement ouvrier de 1&:l!).De Stockholm à Lisbonne, les prolétaires de tous les pa,Ys ont communié, ce jour-là, dans une même pensée de solidarité universelle. De l'autre côté de !'Océan, sur les nouveaux continents, parvenus déjà ü un développement économic1ue et social supérieur au nôtre, en Australie et aux États-Unis, les mêmes espérances communes d'affranchissement se sont affinnées, avec le même enthousiasme et la même foi ardente. Et qu'on ne vienne pas nous dire que cette fête, dont l'universalisation a été décrétée à Paris, en i88!l, est d'origine étrangère. Instituée aux États-Unis en 1886, c'est aux accents de la Marseillaise

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