S6 L.\ REVUE SOCIALISTE D'ailleurs, l'extension de l'entrepôt de Paris porterait un coup mortel au syndicat de la meunerie, car, avec les moyens de mouture que le projet crée à Paris, leur proximité des magasins économisant des frais généraux de transport, c'est là que seraient broyées les quantités de grains nécessaires à la consommation parisienne, et les finances de la \·ille n'auraient pas à redouter les charges dont quelques conseillers ont voulu nous épouvanter, quand le projet est venu en discussion à l'Ilôtel-de-Ville. Car c'est là l'argument sans réplique de nos adversaires, le cheval de bataille qui se cabre sans cesse devant nous, aussitôt qu'on fait mine de vouloir engager l'Assemblée parisienne dans la voie d'une politique économique féconde, susceptible de faire produire à un budget de près de 300 millions quelques résultats sociaux : « Nous n'avons point d'argent! » - S'agit-il de reprendre la fabrication du gaz, dont la Compagnie reçoit annuellement plus que la valeur du capital, actions et obligations, primiti vernent versé; le service des Eaux, dont une compagnie exploite la distribution avec bénéfice; les omnibus, qui, a\·ec le,, profits réalisés, ont doublé leur capital de premier établissement; d'étendre l'Imprimeric municipale, qui produit à <les prix inférieurs de 50 0/0 sur les imprimeries adjudicatrices? ... « :Nous ne voulons pas obérer les fmances de la Ville,» s'écrient aussitôt les esprits timorés, pour ne pas dire plus, que toute innovation elîraye. Ces constructions de movJins, que le ministre de la guerre a reconnues indispC'nsablcs pour Paris, la créa- • tion de ces réserves et de cet entrepôt coùteront, suivant eux, les yeux de la tête, des millions tous les ans ... - Les blés ne viendront pas dans notre entrepôt, nos moulins resteront à notre charge, et nous aurons accru de quelques millions annuels le budget, déjà si lourd, de ce pauvre Paris!. .. Loin que nous redoutions la perspective de construire des entrepôts pour contenir la seule réserve municipale prévue par l\L le ministre de la guerre, nous redouterions plutôt l'affluence trop considérable des céréales, quand les producteurs sauront qu'ils peuvent waranter leur récolte tt Paris. ::0.1aiisl serait facile de prévenir l'engorgement du marché parisien si, par impossible, il venait à se produire. • Je dis par impossible, parce que les seules crises qui se produisent sur les grands marchés de blés comme Odessa et Chicago - et Paris pourrait prendre rapidement cette importance commerciale - sont amenées par l'accaparement et la spéculation sur les récoltes. Envisageons cependant cette é\"Cntualité très hypothétique : l'entrepôt de Paris pourrait faire, pour ses avances aux détenteurs des blés, ce que fait la Banque de France pour le commerce de crédit. Celle-ci hausse ou baisse le taux de son escompte, selon l'état
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