LE PACTE DE FAMINE 37 du marché monétaire et financier, et bien que ses prêts soient gagés sur une valeur purement hypothétique, jamais la Ilanc[U<d' e France n'éprouve de pertes. L'Entrepôt des blés de Paris, dont. le service de warantage serait la Banque agricole des producteurs de blé, pourrait hausser et baisser, à volonté, les taux du warant et le chiffre des avances. En tout cas, jamais il ne risquerait de perclrecesa,·ances, et nous doutons llu'il eût souvent à ,·arier le taux et le chiffre de ses prêts, car les brusques sautes de prix qui se produisent aujourd'hui seraient extrêmement rares, sous le régime commrrcial qu'il inaugurerait. Les oscillations violentes qui se produisent aujoUl'rl'hui, indépendamment de celles qui ont pour cause unique des différences considérables survenues dans les quantités des récoltes, sont, en effet, imputables, toutes, à la spéct:lation. Or, qui ne voit que lïnstitution nouvelle tuerait les accapareurs, seuls générateurs de ces hausses et de ces baisses subites, qui frappent si douloureusement l'organisme économique tout entier! :\I. Lasnier, du syndicat de la meunerie, le disait, comme )l. Colson-Blanche, clans sa déposition devant la commü,sion de ravitaillement du Conseil municipal : la masse de grains attirés normalemrnt à Paris, par le service d'un entrepôt public de warantage, limiterait le diamp de la grande importation, partant, des spéculateurs. Resteraient les hausses et les baisses de prix résultant du rendement de la récolte. Celles-là, les seules naturelles, les seules découlant véritablement de la loi de l'offre et de la demande non faussée par les pratiques du commerce, sont inévitables. )lais le stock considérable des réserves permettrait à la caisse d'approvisionnement, sinon de soutenir les cours, au moins de les régulariser, de restreindre l'amplitude de leurs oscillations et d'empêcher les sautes trop brusques, précipitées aujourd'hui par les gros spéculateurs, dont l'attente constante est de proYoqucr une catastrophe quelconque, hausse ou baisse, confo1·me à la nature de leurs prévisions. En d'autres termes, l'intermédiaire actuel du commerce des blés entre le producteur et le consommateur, le spéculateur, serait supprimé, le crédit agricole réalisé, l'alimentation de Paris, en cas de guerre, assurée et le meilleur mode d'organisation des réserves de l'État trouvé. Car l'État et l'Administration de la guerre, quelles que soient leurs répugnances pour tout service public socialiste, seraient contraints, par la force des choses, à puise1' leurs approvisionnements dans les entrepôts de Paris - à moins que de préférer payer, comme aujourd'hui, au syndicat une prime gracieuse de 20 0/0. En résumé, la création d'un entrepôt public, à Paris, avec ser-
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