La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LE P.\CTE DE FA~lll'IE ceux de Paris. A Paris, on paye LOcentimes de magasinage par mois, et à Anvers G. i\Iais la di!Térencc de prix en faveur de celte dernière serait sans doute beaucoup plus élevée, s'il y avait un stock plus important de farines nécessitant lcu1·magasinage. Quoi q:i'il en soit, ce;; chi!TL"csont éloquents. Ils démontrent, d'une manière irréfutable, que des magasins publics d'appro,·isionncment, exempts des charges capitaliste~ •1ui pè:;cnt sur les magasins privés, peuvent réduire dans des proportions notables les frais de magasinage et de manutention. Actuellement, entre •Anvers et Paris, pour une quantité de grnins minime, la différence est de 100pour 100 en faveur du maga:;in municipal. Que serait-ce le jour où, seulement par la manutention des ré,,crvcs de l'Etat et de la ville, l'entrepôt de f'aris procéderait aux travaux d'entretien de quantités décuples! Le syndicat se verrait, pour raison d'économie, dans l'obligation d'apporter ses propres grains aux maga,,;ins municipaux! L'extension de ces ma~asins leur permettrait, en effet, de fonctionner avec plus d'économie encore que celui d'Anvers, et cette extension s'accroitrait tous les jours, par lew· libre accession aux dépôts de blé de toute nature : d'abord les dépôts de la réserve, emmagasinés pour le compte des boulangers; ensuite ceux que le commerce y amènerait, enfin les quantités dont les producteurs du rayon de Paris solliciteraient le "·arantage. En Prance, en elîet, le warantage n'existe pas encore, à proprement parler. Tandis que les centres de consommation ou de production de blé, tels qu'Odes;;a ou Chicago, possèdent de vastes magasins, où les cultivateurs peuvent envoyer leurs blés, dont ils retirent une avance, en attendant le prix total de vente; en France, dans les régions du centre, de l'ouest, du no1·d et de l'est, qui sont à proximité de Paris, les producteurs ne peuvent jouir de cette fa. cuité, qui les arracherait à la nécessité cruelle de livrer, par besoin d'argent immédiat, leur-; céréales au-dessous des C()urs. L'établissement de vastes entrepôts à Paris, avec un service de warantage à bon marché, quoique limité, pour prévenir toute surprise, rendrait des services immenses à l'agriculture. Le blé est une marchandise qui se conserve facilement un an. Quelles que soient les variations de prix qu'il subit, ces oscillations ne vont jamais au delà de 23 0;û. Les avances sur dépôt de blé sont donc garanties contre tout aléa possible, et le joui· où les entrepôts de Paris avanceraient, à un taux trè5 modéré, ltO ou 30 010 de la valeur des blés déposés, on peut être assuré que les cbréales afJlueraient. Les cultivateurs s'empresseraient d'y porter leurs récoltes, et force serait bien aux marchands et meuniers actuels de s'y approvisionner, les fermiers ou les propriétaires n'étant plus dans la nécessité de livrer leurs produits, hic et nunc, au cours imposé.

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