La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

388 LA HEVUE ~OCIA I.ISTE en tumulte et à justifier les répressions violente ':ui donnaient au ministère instigateur de ces désordres l'apparence <l'avofr sauvé la République d'un danger. Pour toutes ces raisons, les organisateurs du mouvement en faveur d'une légi~lation protectrice du travail n'entendent point, par la • manifest.-üion » du J., mai, provoquet· des rassemblements que l'in!!l'.·renceet mème les provocations de certains employés de la préfecture de Police feraient bien vite dégénérer en rixes. D'ailleurs, le Congrès international ouvrier de 1880, en engageant les ouvriers à manifester annuellement à cette date, n'a nullement eu l'intention <l'instituer une manifestation dans la rue, proprement dite. Il a simplement convié les ouvriers de tous les pays à formuler cc jour-là, par les voies et moyens les mieux en rapport avec les usages de chaque contrée, les vœux de la classe ouvrière, ses aspirations, les réformes urgentes dont l'obtention lui paraît indispensable à l'amélioration de sa condition. Ainsi, l'année dernière, tandis qu'à Bruxelles, à Londres, à Stockholm, à Christiania, à Buda-Pest, à Barcelone, d'imposantes processions de travailleurs parcouraient les rues, drapeaux et bannières déployés, en Allemagne et en France, la démonstration consista simplement dans le chômage d'un jour, considéré comme férié, et des réunions, des conférences ou des concerts. Cette année, il ne s'agit pas davantage de « descendre dans la rue», selon l'expression consacrée. L'ignorance ou la mauvaise foi peuvent seules prêter aux organisateurs de la manifestation <les projets intempestifs ou de démonstration violente, qui tourneraient trop bien, à la satisfaction de certains, contre Je but même qu'on poursuit : intéresser l'opinion et les pouvoirs publics à l'adoption d'une législation protectrice du travail. Au reste, le compte rendu des séances du comité organisateur, les déclarations publiées, sont là pour donner un démenti formel à ceux qui sernient tentés de dissimuler leur hostilité contre les réformes sociales, derrière la crainte que leur inspireraient les désordres éventuels du 1°' mai. Cette équivoque di~sipée et son caractère véritable rendu à la «manifestation», le Conseil peut-il hésiter à lui prêter son appui? II li suffit d'énumérer les revendications qui seront formulées le 1" mai, pour se rendi·e compte que la décision favorable du Conseil ne saurait faire aucun doute. ,.

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