La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

REVUE DES LIVRES 370 • Comment réaliser cc programme d'enseignement de langues, à première vue plus cllargé que ceux en pratique? Tout simplement par une meilleure distribution du temps, par la supprc,oion de choses inutiles. ;\Joins de 1·éciLations de leçon~; les grammaires ne sont pas faites pour être récitée~, mais enaeign,!es. Quant à cc qui est d'orner l'esprit et former le goût, on l'obtiendra mieux par des classes de diction men,ucllcs ou bimen,uelles. Il faut enfin admettre ce principe: le professeur n'est là que pour donner l'e11sei!Jnement à ceux qui ceulent bien le reeecoi,•. C'est aux pcrcs de famille à complélE,r sa tâche. En supprimant les leçons 0.1 gagnerait cinquante-oix jours de classe à quatre heures par jour par an. - Supprimons c1woro les inutiles compositions mensuelles qui ne profilent qu"à quelques élè'"es; on économiserait encore une dizaine de jours. - On pourrait ainsi gagner soixante-six jours de classe par an, soit prcs d'un au, sur six années scolaires. li importe, dit l\f. Guérin, de reformer le programme de J'édueation secondaire, incohérent, trop étendu, trop minutieux. Un sy,;tème d'éducation qui conduit un jeune homme jusqu'à dix-huit ans, sans laisser autre chose dans son cspl'it que des bribes cl~ sciences divel'ses, mal liées, mal coordonuées et mal digérées est assurément un système condamné. L'humanité, ainsi que l'explique Pascal, peut être assimilée à un inclicidu qui subsisterait toujours et qui, à une (,poque quelconque de la vie, posséderait la somme entière des connaissances précédemment acquises. Le plus ~ûr moyen de donner aux hommes de chaque génération l'encyclopédie de la science serait de leur faire reciore la i:ie de la série enticrc des ancêtres. lllais comme cette science encyclopédique serait trop écrasante pour une intelligence individuelle, il est préférable pour la rendre accessible de la récapituler dans l'ensemble de ses manifestations spéciJ!ques les plus génfrales. Ce doit être cela le but de l'en,i.eignemcot primaire, qui ne doit être qu'une réduction de l'enseignement secoo,laire. Apres un enseignement général viendront des enseignements spéciaux où chacun trouvera à se pcrfoctionner théoriquement et pratiquement dans la branche qu'il \"Oudra. ll faut donc apprendre aux jeunes gens, tour à tour, l'histoire du langage et de la pensée ; l'histoire du dé,·cloppemcnt indualriel; celle du déYCloppement arti,tiquc, celle du développement religieux et philosophique, celle üu dé'"eloppcmcnt soc·ial et scientifique. Tout cela sera coordonné, synthétisé naturellement dans l'esprit. C'e,t par cet en,cignemcnt hbtori,1ue, pense ;\I. Guérin, qu'on arri,·era à cc résultat souhaité. - De dix à seize ans, les élè,·es étudieraient suivant ce programme; de seize à ,·ingt ans, ils recevraient l'enseignement professionnel i,tdustriel, artistique, scientifique, commercial. Dans les chapitres qui suirnnt, :\1. Guérin expose eu détail, fort clairement, fort sarnmment aussi, la fa,oo dont devraient ètl"C traitées chaque partie de son programme. Il résume avec beaucoup de précision, beaucoup de netteté, les dirnrses théories modernes. Le transformisme y est entre auit'es l'objet d'une analyse attrayante, Ce line est certes l'œuvre d'un esprit éclairé, à qui nous sommes heureux d'exprimer ici notre sympathie profonde. Ou jugera mieux encore de l'œuvrc de li!. Guérin, puisque la Reoue socialiste a consenti à en reproduire un des passages les plus caractéristiques, mais nous serions heureux de \"oir nos amis s'intéresser à ce livre do haute valeur et de bonne fui, et lo lire enLièremcnt. Le nom d'Emmanuel Delorme n'il.pas encore acquis toute la popularité qu'il mérite, bien que l'auteur, né en 18J7, à Saiut-Amand lllontrnnd, ne soit pas un nouveau venu parmi les chan}onniers soci,ilistes. Dans le volume qu·,1 \Îe,it de publier et qui comprend sans doule son rouvre compli:te, li y a des p1eces qui datent de 1864. Delorme peut être con1pa1·ésans désavantage cependant à

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