La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

3ï6 LA REVUE SOCI.\LISTE l'avantage du christiani~me qui a laissé se reformer l'esclavage économique que le pa;.:anismo tant décrié serait Yenu a hou\ do _détru1ro. . . • I.e capaalisle n'a plus de rcligiun dès qu'il s'agit de son us,oe; l'umlé de conscieneo est pour lui un ,·ain mot. • Aussi le néo-catholicisme n'a-t-il pas a%~7.d'anathèmes contre ces conscr\'ateurs qui, selon l'expression auss_i piLtorc,quc que caral'léri,1iquc d' \lphonso Daudet, • se retournent Ycrs l'Eglise comme \'Cl'sun<' gendarmerie, ,·ers le droit diYin comme vers l'absolu de l'autorité et la gara mie pro, idcnliclle des valeurs. » Ou contrat <le tra\·ail cha5SC"7 les injustices, El ,·ous pourrez aprcs compter ,·osU~néficcs, s'écrie le XX• Sii'rlc. El il ajoute : • La cause de la miscre est précisément la m~me qu'.\dam :-:mith ~ignalait comme la cause de la richesse des nations, c'est-à-diro Ja liberté du capitalisme. Donc il y a double combat, d'une part pour arrad1cr au capitalisme les justes rcrnndications de l'ou\Tier, d'autre part pour défcnd1·e le-capital contre les attaques du socialisme. " C'est là, pour le XX• Sièc-le, l'uniquo position que doi\'C prendre l'économie sociale chrétienne. • c·e,t contre le capitalisme, la lutte pour la justice, dans le sens le plus strie!; c'est contre le socialisme, la lutte pour la Ci\'ilisation, dans son acception la plus émirlf'ntc. • Déclaration de guerre au lihéraligme déjà flétri par Pie IX, qui le trou,•ait plus pcruic-ieux que la Commune de 1871.i\Iais a\'ant tout déclaration <leguerre à la Hholution fran~ai,e et à sa conséquence logique, le ~ocialismc. A,·ec , l'érolc d'économie charilaùlc •, avc<' les Etudc.s l'elivieuses et la Raue catholique des Institution.• et ilu dl'oit, arnc l'Allia,u•e, en un mot ,n-cc les politil'Ïens de la charité,-• l'école dë:ronomie corporative», l'.ls oeiation catholique, l'Œ<to1·e de.~ cc,·cles, le XX• Si<'cle cherchent des terrains d'entente. l\Iai,, scion maintes affirmations autorisées de l'orateur con~tamment chargé de r,orter la parole au nom de l'Qlu\Te catholique, i\l. de :\Iuo, pas de composition po,sihlc avec la. Révolution et sa con,équrnce logique, le socialisme. • Prenez-en ,·otrc parti, gens de milieu, écri,·ait un jour Louis Veuillot; votre • règne est fini. Le monde sera socialiste ou sera chrétien; il ne sera pas li- • héral. :--ile libéralisme ne succombe pas de,·ant le catholicbmc qui est sa • nvgation, il succombera dernnt le socialisme qui est sa conséquence.• Et de toutes parts l'on im·ite maintenant les derniers Abencérages de la réaction :\. ne pas contempler d'un air découragé le train social. « Croyez-nous, leur cric-t-on, montez hardiment dans le con,·oi, et tàchez de diriger la machine. • Montez, mc~sieurs, mais vous ne dirigerez pas le con,·oi; il serait trop funèhrc. Chauffeurs et mécaniciens seront précisément ceux-là mème qui placent dans ce que vous appelez la. négation des droits de Dieu, c'est-à-dire dans le droit humain, les fondements de la justiC'e et de la ci\'ilisation républicaine socialiste; ils seront tous fils de la lléYolution. Aon,~:N YEnER. M. Léon Bloy vient de publier chez Savine un élégant volume, qui est en même temps un line puissant. Christophe Colomb devant les Taureaux fera mugir quelques aficionados et quel11ues-uns de ceux que !'exaspéré écrivain des Propos d'un entreprenew· de démolitions appelle les spadassins du ~ilcucc, c'est-à-dire de la gent des chroniqueurs boulevardiers, toujours muel~ quand parait uM œune vraiment originale ou hautemcnl sincère. Qui parle des li,Tes socialistes, qui parle de Luon Bloy dans les quotidiens? Léon Bloy, d'ailleurs, ne se géne pas a leur égard, et il leur promet pour bientôt, à tous ces domestiques de sérail, une bonno tournée d'étrivières.

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