La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

L.\ REVUE SOCIALISTE la famille est réhblie dans son autoritarisme primitif, et qu'ici le groupe social serait le i:-roupe familial; pas de lilJcrté politi11ue, puisque la monarchie doit être Il~ cour,rnncmcnt Je l'orgauisation paLriarca.lc; pas <le lil>crté de conscience enfin, pui,qu'il y a là une religion imposée. Eu échange <le ces trois lil>crtés primordiale~, on nous donne la prétendue JilJerté ,•,·onomique, milig,•e, il e,l , rai, par l'intcr,·ention de l'État et la protection du trn,·ail dans une certaine mesure, mais qui n'en laisse pas moins toute laLiLu<le à l'exploit,1.tion capitaliste. Lo programme do l'école I.e Play, sous ses apparences paternelles, est celui du pire dérico-consen·atisme. :'\ous en tl.\'ons pour preu,e ,·e fait que le per- ,onnel malheureusement très noml>rcux et trës influent qui la constitue est exclusi\'ement <'Omposéde consenateur~ et do prètrcs. La .,o,·i,'té c/11•,'tienne~ui.••e qui est nee sur une terre répul>licaino et \'CUt sincèrement des réformes bociales no peut pas rc,e1,ir à ces rhes de patriarcalismc et de monarchisme. Uni' ,1oncelle r•ccrtecalholique: Le XX• Siècle. - Voici une nou\'elle preu,·e de la dangereuse renais,anco chrétienne en France: c'est le succcs olJtenu en France et clan, le monde romain par cette rc,ue pro\'inc,ale de sociologie .1postoli11ue.L'1'glise commence à comprendre que, dans son propre intérêt, il e,t temps pour clic de ,·afîranrhir de la pe~anteur d'une tradition qui la forçait à s'agglutiner à <les trônes et à des castes, et à per<lrc aim,i sa puissance sur le peuple. Aujourd'hui 1'1'glisc n'a pas que <les anathèmes contre le siècle; au lieu <le ne YOirque ses alJerration~, do l'irriter par les dénonciations continuelles de ses errements, elle se met à reconnaitre cc <1u'ila de lJon et à faire des efforts pour reconquérir son amour. Le mou,·ement commencé par l'.\•sociatio,1. catholiqtte de la JCttnesseJmnraise. par l'Œncre des cc,·,·lcs catholiques tl'ow:,•ic,·s et ses nombreux petits journaux locaux, par la rC\'UCl'.4•60ciatio11 catholique, gagne peu à peu les hautes sphères ecclé,iastiques, et nous assistons ,·éritablement à un renouveau catholir1ue. La maxime <le saint .\nselmc apparait toujours comme la clef de Yoûtc de l'é<lilice chrétien: l\ïhil 11w9i~dili9it Deus in hoc mundo qttàrn libertrttern Eœlesire suœ. ~lais l'on a. la prétention de démontrer que cette • lil>erté des libertés•, la liberté de l'Égli,e engendrerait toutes les autres lilJortés, eL tout <l'abord lilJérerait le prolétariat. Comment? Cela mériternit d'èt1·e expliqué et réfuté dans une longue élude que nous publierons sans doute un jour. Aujourd'hui nous <levons nous lJorner à la critique des deux ou trois numéros du XX• Siècle que nous arnns sur notre table <le trM·ail. Les jeunes écrimins du XX• Siècle, dont la polémique inexpérimentée encore sent aussi parfois trop la sacristie, désirent simplement être les éclaireurs \'Olontaires tic Jeurs alnés et maitres. Ils en foot d'abondantes citations. C'est dire que nous ne rencontrons ici aucune inno,·ation, si ce n'est peut-ètre çà et là dans l'expression moins contenue.-Au moyen âge, !:Église, par la ,·oix de son chef, décidait les cas de conscience entre les peuples et les rois. De nos jours, les catholi,1ues militants Yeulent que l'Église n'alJandonne ni les peuples, ni olle-mème, ni Dieu, et qu·clle décide les cas de conscience entre Jo peuple et le capital. Il s'agit de savoir quelle est l'organisation qui pourra réunir les molécules sociales désagrégées par un sicclc d'in<liYi<luali,mc effréné. Or tous ceux qui cn,isagent la question sociale au point <levue chrétien, nolammeut les orateurs du 1ècent congres de Liège, considèrent la cuustitulion corporati\'e <le la société comme un élément cs,entiol de la solution des questions sociales. • Le Vre soli s'est fait durement sentir à l'artisan et à !'ouHier de falJriquc; de là celle aspiration à sortir <l'un isolemeut conLro nature, pour re,·enir à un grou-

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