La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

3GG L.\ HEVUE SOCIALISTK Le citoyen Robert Bernier rend de nouveau hommage à Pierre Dupont et cite l'éloge que Beaudelairc a fait de notre grand chansonnier. Après une nouvelle analyse rapide des œuvres de Pottier et d'Eugène Delorme, qu'il a eu déjà l'occasion de citer dans la précédente causerie, le conférencier parle plus longuement de Jules Jouy et de Bruant, dont il lit les œuvres les plus C3.l'actéristiqucs. II f..titconnaître ensuite quelques chansons inédites de Jean Lombard, dont la lecture est applaudie. Il étudie enfin les poésies de Jean Ajalbert, l'auteur de la Fille Élisa; l'Adel de Jean Lombard, le l•'lumen de M. Pierre Devoluy, un adepte de l'école symbolique qui a fort bien ressenti le frisson nouveau; les Sonnets 1·ouges, une presque introuvable plaquette de Karl Lass, vigoureuse et véhémente. Il est hem·eux enfin d'affirmer en public son admiration pour Jean Richepin, qui maintes fois a magistralement et éloquemment prouvé son amour des humbles. Cette conférence a été d'ailleurs fort aimablement appréciée par ~I. Georges Cody, dans un article publié le 17 février dans le journal la Nation, que nous remercions vivement. Beaucoup de monde à la douzième conférence ; le citoyen Eugène Fournière y a traité le sujet suivant: le Socialisme et la Jfomle, avec son éloquence habituelle (20 février 1801). Le conférencier s'est élevé d'abord avec chaleur contre le préjugé qui veut que la destruction des idées religieuses entl'aînera la destruction de la moralité. Il prouve ensuite que, tout au contraire, l'idée religieuse, la foi naïve, sont des agents d'immoralité. Il n'est pas nécessaire de rappeler tous les crimes commis au nom de la religion, Dépeupler les cieux, anéantir tout concept de l'au-delà, donner à l'homme la connaissance de sn véritable destinée, en s'appuyant sur les données de la science actuelle, ce n'est pas pousser l'homme à ne plus rien respecter, c'est au contraire, en donnant à l'homme conscience de sa propre dignité, donner aussi la compréhension du devoir social. La morale est une chose distincte de la religion. La religion, en épurant son idéal, a adjoint à des règles d'adoration, destinées à rendre favorables les divinités, les règles déjà admises dès la fondation des sociétés et dont l'ensemble forme la loi morale. Dès que l'homme a organisé la tribu, il a émis des lois telles que celles qui commandent de ne point tuer, de ne point voler, dans l'intérêt même de l'association qu'il formait, en dehors de toute idée religieuse. On peut dire - mais on ne peut le prouver - que la religion est indispensable à la moralité. L'homme en dehors de toute éduca-

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