La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

NOS CAUSERIES. 3G5 Fournière, entraîne le manque de liberté politique, à preuve le Creuzot, dont M. Schneider est toujours député, grâce à la pression des cont1·cmaîtres; à preuve, les villes et les villages où presque toutes les maisons et terres appartiennent à un usinier, généralement maire de la commune, ce qui a reconstitué une nouvelle féodalité. Un industriel n'a-t-il pas entouré son fief d'un immense mur de clôture, percé de portes dont il a seul les clefs et qu'il fait fermer à dix heures du soir. Des sanctions économiques den'aient garantir le libre exercice du droit politique. C'est la société qui constitue les éléments de la .rropri6té, en fixe les limites et la durée, en garantit la possession, en règle la transmission, lui donne sa Yaleur. La liberté est un produit social des lois politiques et civiles. Donc, la liberté n'est pas l'abstention totale des pouvoirs publics. C'est la loi qui organise les conditions de la liberté. L'indépendance économique produit dans la production uniquement stimulée par le désir du gain l'engorgement du marché; partout le pléthore, et comme conséquences des crises périodiques, des r.hômages. Donc nécessité de la réglementation de la production; donc protection du travailleur: par la limitation des journées de travail, des femmes, des adultes, des enfants d'abord; plus, assurances contre le chômage, les accidents, les infirmitcs, la vieillesse. Ce sont les seuls moyens de rendre efficaces une petite partie des promesses de liberté, d'égalité et de fraternité. Un homme n'est pas seulement citoyen, mais encore producteur et consommateur; le citoyen peut et doit insérer les garanties de son droit à l'existence, de son droit à la liberté, à l'égalité, dans les contrats qu'il a à faire, dans la loi politique. - L'idée de contrat politique et social ne peut porter ses fruits qu'au moyen des garanties économiques. La onzième conférence a été donnée par le citoyen Robert Bernier qui a étudié !es Poètes et les chansonniers socialistes ( 13 février 1891). Après avoir rappelé l'objet de sa conférence précédente, l'Ji1't social, le citoyen Bernier déclare d'abord vouloir compléter cette première étude et réparer quelques fâcheuses omissions. Il étudie donc l'œuvre d'lbsen, le grand dramaturge norvégien, do_nt les Revenants furent applaudis l'an dernier au Théâtre-Libre. Il ne veut pas oublier non plus les œuvres des romancier~ belges, du jeune maître Camille Lemonnier et de M. Edmond Picard. Enfin il ne faut pas négliger de signaler, ajoute-t-il, les tentatives d'.art social chrétien de MM. Joséphin Peladan et Paul Adam, qui se trouvent d'accord avec nous sur plus d'un point.

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