MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGEH !HO n'existe pas de motif d'accorder aux salaires une protection moindre qu'aux traitements des fonctionnaires. Yous rechercherez dans quelle proportion il convient. d'établir l'insaisissabilité des salaires et s'il est opportun de les déclarer incessibles. Yous vous efforcerez, tout en protégea11t l'ounier, de ne porter aucune atteinte à son crédit. Vous serez, sans cloute, amenés à simplifier la procédure de saisie-arrêt des salaires et à la rcnd1 c moin~ dispendieuse et plus expéditive. Le placement des oucric,·8. Yous aurez encore à délibérer sur la question du placement des ouniers, employés et gens de serYicc. Elle a fait l'objet de plusieurs projets de lois dus à l'initiatirn parlementaire. Ou ne peut nier que certains abus se soient mani• festés dans le système ac:tucl. \' ous jugerez si la liberté du placement peut être arnnt~geu,c ou préjudiciable aux travailleurs, si la création de bureaux de placement dans les mairies et les secrétariats de conseils de prud'hommes permettra à courte échéance de substituer le placement gratuit. au placement onéreux et de décharger ainsi les traYailleurs du lourd fardeau de la prime de placement. Je soumets à votre étude une quatrième question, celle de l'organisation au mini~tère du commerce d'un office du iraYail. li est. aclucllcmeut impossible en France de se rendre exactement compte des di\'crscs conditions du tra,·ail, du prix de la maiu-d'counc, des capitaux engagés clans les entreprises industrielles, de la Yaleur de l'outillage et des produits, en un mot de l'état réel de l'industrie. La législation ouvrière. Centraliser toutes les informations rclati\'CS à la législation ouvrière, au mou\'ement du travail et de la production, telle scrail la fonction de cet organe administratif dont· la création répond à un besoin impérieux. Déjà, aux ÉtatsUnis et dans dirnrs pays, des offices du travail existent et rendent. des services considérables. Tel est le programme de vos travaux au cours de ceite première session. Le gouvernement sait. à quels hommes expérimeniés, éclairés et zélés il a confié le soin d'examiner les lois du travail. li sait aussi que, pénétrés de l'importance de votre mission, vous n'épargnerez aucun effort pour accomplir une couvre aussi féconde. En conséquence, après l'enregistrement de la démission habilement motivée de M. Ribanier, quatre sous-commissions: d'arbitrage, de protection des salaires, de placement des ouvriers et d'office du travail, ont été nommées sous la présidence (les noms sont significatifs) : la 1'" de M. Baïhaut, la 2• de M. Jules Simon, la 3• de M. Challemel-Lacour, la 4. 0 de M. Léon Say. Nous donnons aujourd'hui sans commentaires les renseignements qui nous sont parvenus jusqu'à ce jour (2 mars) sur les travaux des diverses commissions. Voici d'abord les conclusions du rapport de M. Thévenet sur les bui·eaux de placement : 1• Abolition du décret-loi de 1852, exigeant l'autorisation préalable;
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