La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

348 LA HEVUE SOCIALISTE bres syndicales ouvrières, et que l'autre moitié soit choisie avec moins de partialité en dehors du Parlement et parmi les personnes compétentes et les publicistes de toutes écoles, sans oublier les diffi•rentes nuances socialistes. Quoi qu'il en advienne, voici le programme tracé par M. Jules Hoche dans son discours d'ouverture : Je pensais pouYoir vous soumettre, au cours clc cette session, la question clc la réglementation du traYail des adultes, qui parait être, à cette heure, la préoccupation dominante de la classe ouvrière; mais les enquêtes et les !raYaux préparatoires n'étant pas terminés, cette discussion viendra plus utilement à une session ultérieure. Je n'essayerai pas d"énumérer tous les sujets qui appelleront succcssi,·emcnt ,·os méditations; la liste en serait trop longue. Mais je dois rappeler que le gouYcrncment de la République a toujours eu le souci des progrès sociaux et ,1uïl en a été l'initiateur. La loi de 1818 fixant à douze heures la durée maxima du traYail, la loi de 18i4 su,· le !ra mil des femmes ei des enfants dans les manufactures, la loi préparée par M. \Yaldcck-Rousseau, en 1884, sur les syndicats professionnels, la loi de 1886 sur la caisse nationale de retraites pour la vieillesse, les lois de 1890 sur les délégués mineurs, sur les agents commissionnés des chemins de fer, les lois sur l"eoseigncmeni professionnel, les projets à l'éiuclc sur les accidents du trarnil et sur l'hygiène des ateliers sont des marques réitérées de l'intérêt que les pouvoirs publics portent au monde des travailleurs. L'a,·bitrage. Le conseil supérieur pourra s'inspirer des travaux législatifs étrangers pour l'étude des réformes qui lui sont soumises. La première est relative à l'arbitrage. Rien ne s'oppose, semble-t-il, à la. création d'une juridiction à laquelle patrons ei ouvriers auraient la faculté de recourir pour aplanir leurs différends collectifs. Les grèves, souvent, naissent de malentendus et de froissements et se prolongent par amour-propre ou par obstination. L'intervention d'arbitres choisis par les parties elles-mêmes, animés d"un réel esprit de conciliation, apportant dans leur mission pa~ificatricc une autorité et une compétence reconnues, permettrait, il faut l'espérer, de prévenir des luttes désastreuses pour tous. Les avantages que l'.\ngleterre a tirés depuis trente ans des conseils d'arbitra~e et de conciliation ont déterminé les Étals-Unis, l'Allemagne, la Belgique, l'Autriche, la Suisse à organiser légalement l'arbitrage. Pourquoi la France refuserait-elle de tenter une expérience qui ne saurait avoir d'effets fàcheux f As&urémeot il sera malaisé de contraindre les parties à l'exécution de sentences arbitrales qui, le plus souvent, engageront l'avenir, mais il n'est pas téméraire de supposer que des habitudes de bonne foi et de loyauté suppléeront au défaut de sanction. Les lois su,· les salaires. Nous aYons pense aussi qu'il y a un réel intérêt à compléter les lois sur les salaires ci à faire disparaître des abus regrettables qui se produisent dans les payements fait~ autrement qu'en argent. Les traitements des fonctionnaires sont insaisissables pour partie; or, il

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