La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

~!OUVE~IENT SOCIAL E:--.'FRA:\"CE ET A L'l~TRANGEH ~',7 présentées toutes les fractions du parti socialiste, y compris la nevue Socialiste, par le citoyen Fournière, et la Société du Progrès social, par le citoyen Vcber, décida de nommer une commission exécutive en dehors des personnalités connues. Après une longue discussion sur les mesures à prendre en vue de la fête du 1er mai, et à laquelle ont, entre autres, pris part les citoyens Guesde, Lafargue et Fournière, la réunion a procédé à la nomination d'une commission <le vingt-neuf membres chargée d'organiser l'agitation par des réunions publiques dans chaque quartier et de s'entendre avec les comités de province et de l'étranger pour donner plus de force et d'éclat à la manifestation du 1er mai. Le Conseil supél'iew· du fravail.-Nous n'avons rien à retrancher, rien à ajouter à notre appréciation du mois dernier. Dans son discours d'ouverture, le ministre a recommandé à ses élus « d'écarter ces vaines discussions d'école qui troublent tant d'esprits, dispersent en pure perte tant d'efforts et paralysent l'action ». Mais alors, comme l'a très bien dit notre ami Raiga dans la Justice: « Pourquoi • M. Léon Say entre-t-il dans ce conseil? C'est que, voyez-vous, « M. Léon Say est une garantie. Les pouvoirs publics étant tiraillés « d'un côté par les exigences formidables de la haute banque, de (( l'autre par les exigences non moins formidables - mais autre- (( ment légitimes - du prolétariat, on veut donner satisfaction aux (( deux extrêmes, en paraissant céder aux uns, tout en conservant (< la confiance des autres. Seulement, trop d'habileté nuit. Le prü- (( cédé est cousu de fil blanc ... C'est un instrument d'émancipation (< sociale aux mains de gens qui, pour la plupart, non seulement se << moquent de l'émancipation sociale des ouvriers, mais la redoutent • comme la peste. » Mais, dit un autre de nos amis, Ernest Lesigne, du Radical : « Ceux qui concèdent le mot s'avouent déjà vaincus et ne pourront « pas longtemps refuser la chose. - Un conseil supérieur du travail « avec très peu de travailleurs peut être une idée chère à M. Léon << Say; mais elle aura le sort d'une formule fameuse qui lui tenait « également à cœur : la République sans républicains. Il n'y aura « bientôt plus que des républicains dans l'administration répu- « blicaine, et le jour n'est pas loin où il n'y aura presque plus que « des travailleurs au Conseil supérieur du travail. - Dès aujour- « <l'hui, le conseil supérieur existe, et ceux qui songeraient à le « supprimer perdraient leur peine. Demain il sera transformé par « les travailleurs, pour les travailleurs, et contre les partisans de (< l'exploitation des travailleurs. >> Puisse cette heureuse éventualité se réaliser bientôt, et que l'on adopte au moins la proposition Ferroul tendant à faire nommer la moitié des membres du Conseil supérieur du travail par les cham-

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