La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LE PACTE DE F.\~11:-:E 31 prendre ces farines au compte do leur réserl'c, et <leles faire entrer, dans leur ordre, dans la consommation. Évidemment, cet article était indispensable, car il faut prêvoir <1uc meuniers et détenteurs des grains feront feu des quatre pieds pour èntraver la création des réserves et le fonctionnement de la Caisse de la boulangerie. Sans la possibilité laissée il. cette d('rnière d'acheter directement les grains sur les grands marchés de la production française ou étrangère, la spéculation tenteraitquelc1uc colossale opération, en ,·ue de rendre très onéreuse la constitution de l'app1·ovisionncment. Cet article 13est même trop timide: il enserre la Caisse dans l'accomplissement de formalités trop longues et la subordonne il. des autorisations préalables trop nombreuses, surtout celles du Gou,·crnement. Mais nous ne saurions entrer ici dans des critiques de détail, c1ui tiendraient trop de place. Cc que nous voulon~, c'e!';t montrer quelles conséquences bienrai~antcs entrainerait la pratique d'un système de réserves organisées dans les grandes lignes du projet ci-dessus. Il contient, en effet, un ensemble clc mesures <l'ordre différent qui, se complétant les unes par les autres, arrivent à transformer l'organisation de la réscn·c municipale de Paris en un grand ser- \"Îcc de warrantage municipal des blés, de nature à arracher producteurs et consommateurs à l'exploitation du syndicat. Voyons donc comment se produiraient ces conséquences multiples, méconnues évidemment par le Conseil municipal, lorscp1'il a repo.ussé le projet. :'\ous a,·ons vu que les marchands de grains et les meunier., expédient leurs achats, en droite ligne, aux moulins oü le grain doit ètrc broyé, afin d'éviter les frais de transport et de déchargement qu'ils seraient obligés de payc1·aujourd'hui si leurs blés passaient par le,; magasins de Paris. En établissant dans Paris mèmc les moyens de mouture qui font totalement défaut aujourd'hui, le projet cl'appro,·isionncmcnt réalise donc d'emblée l"économie de frais géné1·aux <1uia fait déplacer le marché par le syndicat, supprime toute dépense supplémentaire et assure, en cas de guerre, les moyens de moutu1·c indispensables au camp retranché, pou1·être à l'abri de toute crainte, sur le broyage des grains de sa réserve. Mais les frais de manutention et d'entrepôt '? Le projet les réduit dans une large proportion en substituant aux coûteux magasins généraux existants des entrepôts spéciaux appartenant à la Ville de Paris, exempts par conséquent de la prélibation capitaliste, qui alourdit le prix des services de toutes les entreprises.

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