La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA TIEYUE SOCIALISTE Ici, je m'arrête pour répondre à l'objection banale, mais touj~urs persistante, de ceux à qui toute exploitation municipale ou d'Etat semble devoir être nécessairement plus coûteuse qu'une exploitation pri\·ée. Il est, certain qu'avec l'éducation antisociale donnée en France à nos fonctionnaires, ceux-ci ne sont guère animés des sentiments de deYoir social, indispensables à celui qui est investi du mandat de gérer les entreprises des communes ou de l'État. Ils ont été nourris de cette idée: que tout service public déroge à l'ordre économique naturel. Ils ne font rien, en conséquence, pour améliorer ce service et faire mentir la menteuse économie politique qui les a élevés. Cependant, qu'on \·euille bien considérer, dans le cas qui nous occupe, tous les motifs qui militent en faveur d'une économie sérieuse, possible il. réaliser, par un service municipal d'entrepôts, que ni les grandes maisons de commerce ni. les propriétaires des magasins actuels ne sauraient entreprendre : les marchands de blé et les meuniers ayant déplacé le marché des grains de Paris, ne peuvent songer à l'y transporter de nouveau ; les intérêts de leur propre fabrication s'y oppose. Il y aurait là toute une révolution à accomplir dans leurs habitudes d'abo1·d, ensuite des pertes considérables à subir du fait de la construcLion de moulins à Paris, qui rendraient inutiles ceux qu'ils possèdent déjà. Les entreprises, pour être fructueuses, doivent d'ailleurs se s2écialiser, sous peine du risque des tùtonnements coCtteux.La meunerie et le commerce des blés se sont confondus, parce qu'il y avait là deux fonctions économiques similaires qui, séparées, tendaient à se hcurte1·. Leur union ne pouvait avoir que d'excellents résultats. Au contraire, la construction et l'exploitation de vastes entrepôts, faisant le service de warrantage des grains, ne sauraient sans danger être organisées par le syndicat, dont le but est tout autre que de réunir de grandes quantités de blé, venant niveler les prix (1) et régulariser les ventes. Quant à la construction et à l'exploitation de magasins d'approvisionnement par une société privée, spéciale, cette dernière opération présenterait moins de difllcultés, s'il n'existait des sociétés de cette nature, ayant organisé déjà un service d'entrepôts qui devrait disparaître, pour permettre l'organisation d'un service nouveau, fonctionnant dans les meilleures conditions nécessitées par l'institution nouvelle. (l) Déposition de :\I. Co!son-Blanehe, représentant de l'Association nationale do la Meunerie ji·cuiçaise, devant la Commission do ra-·itaillcmont do Paris : • Si les maga~ins municipaux existaient, il est pt'obablc que la grosse importation dc\'icndrnit timide, car elle aurait peu de champ d'action, les maga,in-; devant amener une quasijl:JJité cle pri:c. ~ (Procès-\'crbal de la séanée du 20 aoùt.) '-

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