LA REYUE SOCIALISTE Bishop-Hill rentra dans le désert d'où elle était sortie. Ses maisons, autrefois riantes et animées, ont, pour la plupart, perdu leurs habitants, dispersés par-ci, par-là. Les bâtiments où se centralisait la vie générale tombent en ruines avec leurs portes et leurs fenêtres ouvertes à la destruction. Et si l'on cherche où sont les vieux compagnons de Janson et d'Olson, on en trouvera un certain nombre à 6 milles plus loin, dans le village de Galva, destiné à reproduire non le système, mais l'activité industrielle de Bishop-Hill. Les ex-communistes, transformés en fermiers indépendants, s'y sont fixés, et quelques-uns, à juger par leurs demeures, jouissent d'une honnête aisance. Mais ces privilégiés regrettent parfois les dures épreuves de leur existence antérieure, où l'esprit de dévouement mutuel leur procurait une intime satisfaction et les rendait plus sûrs du salut de l'âme. Parmi les Scandinaves, les uns professent le méthodisme, - crnyancc sévère de ,vesley, - mais les autres, en grande majorité, s'attendent à voir Jésus descendre sur la terre et inaugurer son règne de mille années. C'était la foi du patriarche Rapp, et c'est la foi qui se concilie le mieux avec le communisme, qui vit d'abnégation et de sacrifices, en vue d'un monde meilleur. Mais la foi ne suffit pas pour rendre durable une organisation sociale basée sur la communauté des biens, si des règlements d'une nature matérielle et pratique lui font défaut. C'est la moralité que l'on peut retirer de la courte durée de Bishop-Ilill, dont la société fraternelle n'a existé que quatorze ans et s'est brisée tout à coup avec toutes les apparences d'une prospérité croissante. A. HoLYNSRI.
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