LE CO~IMUXISME E:'\ A~IÈRIQUE tout cc qu'il est essentiel de connaitre. Une semblable conviction impliquait naturellement l'absence <l'une bibliothèque publique, comme en poss6daient les lcal'iens de Nauvoo. Bishop-Hill eut néanmoins, pendant quelque temps, un petit journal en su6dois, qui mourut faute de lecteurs. Cette existence douce, tranquille, laborieuse, mais non intellectuelle, convenait parfaitement au:( paysans venus de la vieille Europe, où leur imagination n'avait jamais vagabondé au delà de cc bonheur négatif. Il n'en fut pas de même pour la génération qui s'était développée sur le sol américain. Le mécontentement y germa, dégénéra en murmures et produisit bientôt une scission. Sevrés de toute espèce de plaisirs, les jeunes dJclarèrent vouloir réformer la routine quotidienne, beaucoup trop monotone et trop fastidieuse. Quelques barbes grisonnantes se laissèrent entrainer dans le mou - vement. Deux partis se formèrent, en prenant pour enseigne les noms de deux chefs vénérés. Il y eut le parti Oison et le parli Janson. Le premier s'obstinait à conserver au communisme son caractère ascétique; le second voulait en élargir les bases ou, à défaut de concessions, en briser complètement la règle et rentrer dans la vie individuelle. Les Olsonistes étaient les plus nombreux, comptant clans leurs rangs les deux tiers des membres. Ils auraient sans doute triomph6 de leurs adversaires, si la communauté s'était habituée de bonne heure à une stricte discipline et au respect du suITragc uuiversel. Mais la petite république de Bishop-Hill avait toujours vécu sans lois stables et fixes et, depuis la mort violente d'Eric Janson, ne possédait aucun citoyen capable, par son influence, de faire taire toutes les divergences et d'amener la conciliation. Au lieu de cette solution conservatrice, il se produisit une rupture radicale. Les Jansonistes obtinrent le tiers de la propriété collective et la subdivisèrent entre eux. Les Olsonistes continuèrent à maintenir le communisme. Les uns et les auti·cs restèrent dans la même localité, ce qui devait naturellement conduire à l'extinction d'un des deux systèmes rivaux, sinon ennemis. La division ne tarda pas à naître dans l'Olsonisme, où se manisfestèrent jusqu'à trois factions inconciliables : de là d'incessantes querelles intestines qui ne purent finir que par l'anéantissement de ce qui restait du communisme. La révolution, en traversant ses phases diverses, dura deux ans et se termina eu 1862. Elle eut de tristes résultats. Une dette, contractée imprudemment, mais dont se serait facilement débarrassé le travail solidaire, au milieu d'une prospérité constante, pesa lourdement sur les individus, quand chacun dut en assumer sa quote part. De là une série de procès et d'expropriations judiciaires.
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