CORRESPO~DANCE 811. CORRESPONDANCE :\lontpellicr, 20 janvier 18\ll. Bien cher Ami, Merci d'avoir rappelé la création de ma Société l'Ouvrière que je croyais complètement oubliée de tous. Cette Société, fondée en 1869, avait pour but d'atténuer autant que possible l'ex:ploitation féroce à laquelle sont en butte les malheureuses ouvrières, victimes des entrep1·eneuses. Elle répondait donc à un besoin urgent qui, malheureusement, existe encore. Aussi je suis bien décidée à faire revivre cette Société, dissoute sous l'Empire, à peine née, à cause des agissements politiques de ses membres, affirmait-on. Certes, comme vous l'avez si bien dit dans un de vos articles du Petit P1·ovençal, une des plaies douloureuses de la classe ouvrière, c'est le marchandage, c'est l'exploitation par les entreprenem·s et les entrepreneuses. Et les femmes ont plus encore à souffrir que les hommes de l'écrasement capitaliste, elles sont exploitées comme ouvrières et comme femmes. Les soustraire à cette exploitation cruelle, infâme, qui prend leur temps, leurs forces, leur corps, écrase leur cœur, étouffe leurs pensées, supprime même leurs sentiments, ce sera réaliser leur émancipation à bref délai : c'est là surtout que réside véritablement leur affranchissement. C'est ce que je compte développer dans un prochain article dans la Revue socialiste. A vous de toute amitié fratemelle, PAULE M1NK.
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