LA nEVUE SOCIALISTE Sommé par le gouvernement américain d'adhérer au nouveau traité imposé aux Sioux, il répondit : << Le gouvernement o. déjà conclu cinquante-deux traités avec les Sioux, et il n'en a pas observé un seul. » En .1881,cependant, sa petite troupe réduite à 45 hommes, G7 femmes et n enfants, il se décida à faire sa soumission, mais en stipulant que lui et les siens garderaient leurs armes. La réponse <le Sitting-Dull aux propositions de l'union américaine résume toute la politique des États-Unis envers ces malheureuses populations, auxquelles on enlève progressivement leurs territoires sans tenir aucune des conditions stipulées dans les traités de cession passés avec elles. Relégués dans Jeurs réserves, ils ont droit, aux termes de ces traités, à des quantités de rations de vivres déterminées. Mais les agents préposés à l'administration <lesdites réserves en mettent l'argent dans leurs poches. Le fait est constaté par toutes les enquêtes officielles. Celle de 1874 dit que l'agent des Cheyennes reçoit des rations, de l'argent, des couvertures et des vêtements pour 3 903 Indiens, alors qu'en réalité la réserve n'en contient que 2 077; il s'approprie le surplus, soit par jour la substance de 182 Indiens. C.-S. IIaynes écrit en vain: « Les Indiens meurent de faim, car les agents ne se contentent pas- de demander à l' f•:tat plus de rations et d'argent qu'ils n'ont d'hommes; ils gardent l'argent et suppriment les rations de ceux qu'ils ont. Pendant deux mois, les Piégaus ont vécu d'écorces d'arbres, et pendant ces deux mois, 200 ont succombé aux privations. » Ces exactions des administrateurs sont la cause déterminante de tcutes les insurrections indigènes. La dernière des Sioux a été une insurrection de la faim. Le général Miles l'a constaté. « Père puissant, disaient les Sioux avant l'ouverture des hostilités, dans une adresse au président de la République, quand nous avons cédé le Blacks-Ilills, tu as dit, dans le traité, que nous aurions trois livres de bœuf par jour, c'est-à-dire trois livres à chacun. On ne nous les donne pas. Nous mourons de faim et nous te supplions de tenir ta promesse. Si tu ne nous crois pas, envoie quelqu'un ici et aussi de quoi nous rendre près de toi : notre chef et cinq de nous iront et te diront cc qu'il en est. » L'inspecteur chargé de faire une enquête sur les faits, déclara qu' c: en un seul mois, les rations de bœuf ont été diminuées de 2 millions de livres. » Les hostilités s'ouvrirent par un premier combat dans lequel le vieux chef Sitting-Bull fut tué (t5 décembre). Le 23, les Sioux, cernés de tous les côtés à Cherry-Creek, capitulaient « sans rien stipuler d'autre que des rations de vivres. » Le récit du massacre auquel donna lieu cette capitulation est d'un tragique poignant. • • « Ordre fut donné, dit :\1. de Yarigny, de procéder nu désarmement. En-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==